
What Would Jesus Buy est un film documentaire de Rob VanAlkemade sur la commercialisation de Noël et la consommation excessive aux Etats-Unis. On y parle autant des dettes des cartes de crédit là bas que du fait que nous sommes passés du stade de producteurs au stade de consommateurs.
Un demi trillion de dollars a été dépensé aux Etats-Unis pendant la période de Noël en 2005. Ce qui veut aussi dire 5 millions de tonnes d’ordures supplémentaires. Ils nous apprennent aussi que 26 Millions d’Américains sont accros au shopping. (En même temps quand on voit les magasins là bas, c’est clairement dur de résister).
Le documentaire se base essentiellement sur le Révérend Billy (Billy Talen), un type assez loufoque qui a créé une église pour arrêter le shopping. Il est bien sûr certain qu’il est impossible d’arrêter le shopping, mais il essaye de faire prendre conscience aux gens de l’effet que cela peut avoir. Il leur demande de ralentir, de réfléchir avant d’acheter. Tout ça à travers des spectacles assez délirants dans la rue ou à l’Eglise. Il va dire aux gens devant les magasins d’arrêter de faire du shopping, tel un évangéliste qui prêche la bonne parole, et explique aux consommateurs qu’ils n’ont pas besoin d’acheter un cadeau pour offrir un cadeau. Save us from our credit cards !! Stop shopping ! Il faut aussi se dire que c’est un type qui crucifie Minnie pour faire son discours, c’est plutôt classe. Il combat donc ce qu’il appelle : Shopacalypse.
Ce documentaire, c’est aussi des témoignages qui font très peur. Comme cette jeune employée d’un magasin qui raconte qu’une dame de 70 ans lui a craché dessus parce qu’elle n’avait plus de PS3 pour son petit fils. Sympa.
What would Jesus buy dénonce le fait que le marché arrive à mélanger le concept d’amour pour ses enfants et le fait de leur faire plaisir en leur achetant ce qu’ils demandent. Il explique l’origine du Noël commercial aux Etats-Unis, alors que c’est une fête qui avait failli disparaître. On y apprend aussi qu’il est interdit de faire de la publicité pour des enfants de moins de 12 ans, et qu’il est prouvé que la plupart des enfants de moins de 8 ans ne font pas la différence entre une publicité et un programme de divertissement. Et qu’un enfant Américain absorbe environ 40 heures de télévision par semaine. Alors qu’ils ne passent que 40 minutes par semaine à discuter avec leurs parents. Ils dénoncent aussi le fait que de nos jours, tout est devenu un produit. Même Jésus. Autre petit passage sympa du film qui m’a fait rire… Les réalisateurs vont même jusqu’à demander aux gens ce que Jésus irait acheter à Noël.
Ils montrent aussi le Mall of America. Et alors là, c’est vraiment du délire. A Bloomington, dans le Minnesota, il y a un grand magasin avec sa propre force de police, un parc d’attraction, une église, et le premier campus universitaire construit à l’intérieur d’un grand magasin. 42 millions de visiteurs par an. C’est plus de visites que le Capitol, le Mont Rushmore, le Grand Canyon, et Disneyland réunis. BAM. La chorale décide d’aller y faire un concert, et ça aussi, c’est un truc à voir. Une centaine de personnes qui débarquent habillées en Ghospel à chanter et hurler Halleluia !. 
Ils vont aussi interviewer les petites boutiques qui se font démolir par les grands magasins et qui n’ont aucun client, ou presque. Ils dénoncent le fait que les gens préfèrent dépenser plus, mais payer moins cher pour des produits de moindre qualité. Tout ça pour économiser 1$ ou deux. C’est également une attaque sévère contre Wall Mart, qui va faire faire ses produits dans les pays étrangers et qui exploite les pays du tiers monde. Dénonciation du système donc, et de ses effets sur les autres. Ils attaquent Disney et son exploitation des travailleurs Chinois à une certaine époque.
What Would Jesus Buy un documentaire très drôle à regarder, et je vous le conseille vraiment, même si vous n’en avez rien à foutre de Noël. L’église du « Stop Shopping », c’est de la bombe. Ils sont vraiment intéressants, autant dans leur démarche que dans leur idées, et ce fut une découverte vraiment cool.