
Hello CIN,
Aujourd’hui, on va parler d'un film que j'aime tout plein tout fort. Ne serais-ce que pour son réalisateur: Gus Van Sant. J'ai vu ce film il y a bien longtemps, mais c'est surtout celui qui m'a fait découvrir Joaquin Phoenix. Après le brilliantissime My Own Private Idaho, il débute un nouveau cycle dans sa carrière cinématographique: c’est le milieu des années 90, le temps des films en studios. Gus Van Sant commence à accepter de travailler pour d’autres personnes. Il accepte alors une commande de la Columbia (afin de pouvoir financer Milk) et réalise sa première comédie :To Die For aka Prête à tout. Le scénario est écrit par Buck Henry, le scénariste du film culte Le Lauréat (1967)… et le film est un peu dans le même ton. L’histoire est tout de même un peu plus avancée, et GVS s’approche doucement du genre du Thriller, à sa façon. Le film est lui même adapté d’un roman… qui est lui même inspiré d’un fait divers. A quelques détails près, évidemment. Et la musique est composée par Danny Elfman.
L’hitoire du film, c’est celle de Suzanne Stone (Nicole Kidman), une jeune femme qui rêve de devenir connue, de passer à la Télévision, dans le journalisme. Et elle fera tout pour y arriver. Y compris séduire un jeune adolescent (Joaquin Phoenix) et le convaincre avec ses amis Russel (Casey Affleck) et Lydia (Allison Folland) de tuer son mari (Matt Dillon). Evidemment, le tout n’est pas du tout bien préparé, et on comprend dès le début du film qu’ils se sont fait prendre. Il faut dire aussi qu’ils ne réfléchissent pas des masses… Tout débute lorsque Suzanne rencontre les jeunes pour réaliser un documentaire sur la jeunesse. Ils deviennent proches, voir amis, mais on finit vite par comprendre qu’elle n’en a pas grand chose à faire et qu’elle désire juste se servir d’eux pour avancer sa carrière. Dans le film, elle débute en étant présentatrice météo, et ne devient connue qu’après la mort de son mari et toute l’affaire autour de ça. Et le plus effrayant, c’est que c’est ça, la raison de vivre du personnage : passer à la Télévision. Suzanne Boyle est la femme façade : une certaine idée et image ‘clichée’ de la femme Américaine. Elle semble tellement vouloir se conformer qu’elle semble robotique, inhumaine. Malgré ce personnage assez unique en son genre dans son univers, Gus Van Sant garde sa propre identité de thèmes. Ne serais-ce qu’en reprenant des visages familiers pour lui, comme Joaquin Phoenix, frère de River Phoenix (My Own Private Idado)… Ou comme Casey Affleck (Gerry), Rain Phoenix (Even Cowgirls Get the Blues), toute la petite bande amis dans la vie… et des fois à l’écran. Ces petits Bad Boys au physique scotchant. Je ne vous cache pas que c’est la raison pour laquelle j’aime beaucoup ce film. Joaquin Phoenix est aussi poignant que magnifique, et peut-être que les deux sont liés.
On retrouve l’unité stylistique à la Gus Van Sant, mais le film est présenté comme un mélange d’interview des personnages, d’une interview de Suzanne Stone réalisée par elle même, de scènes normales, etc etc. Tous les médias se mélangent et on se sent presque pris dans la folie du personnage de Nicole Kidman. Elle interprète cette jeune femme complètement délurée qui semble passer son temps à faire semblant. Son seul but : devenir une grande présentatrice. C’est assez rare dans un film de Gus Van Sant de trouve des personnages qui savent ce qu’ils veulent et qui ne sont pas perdus. Et je trouve que donner le rôle à Nicole Kidman était une pure idée. Elle peut paraître à la fois belle, horriblement flippante, froide, réelle ou iréelle… mais par sa plastique, elle devient surtout un objet de désir, notamment pour le personnage de James, interprété par Joaquin Phoenix. Nicole Kidman est purement fascinante dans ce film, qu’on aime l’actrice ou non. Un personnage de psychopathe que je trouve personnellement assez intense.
Si vous aimez des films comme Sunset Boulevard ou Liaison Fatale: ce film est pour vous.
Sinon, ça reste un bon film que je conseille. C’est beau, et pour une fois que Gus Van Sant nous épargne les plans de dix minutes sur le ciel, ça vaut le coup….