Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

The Reader

J’ai voulu voir ce film dès sa sortie, mais j’ai entendu des critiques qui disaient que ce film n’avait rien d’exceptionnel, et surtout que Kate Winslet n’avait pas eu l’Oscar pour le bon rôle. C’est donc sans dire que j’avais beaucoup de réserves quant à ce film. Mais je suis tout de même allée le voir, et j’ai été vraiment transportée.

L’histoire est celle d’un jeune homme, Michael Berg, qui tombe amoureux d’une femme plus âgée que lui : Hanna Schmitz. Leur romance ne dure que quelques mois, et leur relation est assez étrange. En effet, elle lui demande de lui lire des livres avant de faire l’amour. Nous comprenons dès le début qu’elle est analphabète. Michael s’attache à Hanna, son premier amour, jusqu’au jour ou elle l’abandonne et disparaît à cause d’une promotion à son travail.

Michael est anéanti mais continue sa vie et étudie le droit. Il se retrouve à assister aux procès contre les nazis de l’après guerre, et réalise qu’une des accusées n’est autre que Hanna, qui était gardienne dans les camps. Il va donc assister au procès de la femme qu’il a toujours aimé, impuissant, et semblant le seul à ne pas la voir comme une femme ignoble.

Pour commencer, je trouve que Kate Winslet mérite vraiment son Oscar. Et même si on sait très bien que les films dramatiques avec des grands sujets historiques sont quasiment toujours nominés pour les prix prestigieux, c’est tout de même rare qu’ils sont d’aussi bonne qualité.

On peut donc dire autant qu’on voudra que ce soit facile de faire un film sur la seconde guerre Mondiale et les camps de concentration, mais je trouve qu’un film comme ça est rare en soi. Premièrement, je n’avais jamais vu de film qui parlait de l’Allemagne après la guerre. Et encore moins qui parlait des collaborateurs nazis. Même si le film n’est pas uniquement là-dessus, c’est ce qu’on en retient, bien plus qu’une histoire d’amour ou que l’histoire d’un jeune homme. Du moins c’est ce que moi j’ai retenu du film : le message.

Il y a beaucoup de moments très forts dans ce film, et j’ai été frappée par la sensibilité du réalisateur Stephen Daldry, qui avait déjà frappé très fort avec The Hours et surtout Billy Elliot. Le film est inspiré d’un roman de Bernhard Schlink, et je crois que ce n’est pas pour rien si tous mes films préférés viennent tous de livres : j’ai toujours aimé le côté littéraire et romanesque dans les films.

The Reader est un hommage à beaucoup de choses, notamment aux classiques de la littérature. Et la beauté du film est qu'il arrive à transmettre toutes les émotions et tous les messages de manière complète. Chose rare pour un film à multiples sujets, on a souvent tendance à s’éparpiller. Mais pas ici. La vision de l’horreur des camps est présente sans qu’on nous en foute plein la vie en détails horribles. Vu que le film se situe bien après la guerre, pas besoin de voir des cadavres ni des images d’archives : on découvre juste les tonnes de chaussures abîmées entassées derrière des grilles. Métaphore subtile qui nous rappelle l’horreur que nous connaissons tous, mais sans tomber dans le mélodrame ni la dénonciation.

Les relations entre les deux personnages sont extraordinaires : les jeux de regards sont, comme chaque gestes, d’une poésie dingue. Et les scènes d’amours sont des plus simples et des plus belles que j’ai pu voir depuis longtemps.Les questions historiques sont vraiment remarquables, et j’ai surtout retenu une question clé que beaucoup de monde s’est posé : What would you have done ? Qu’est ce que vous auriez fait à sa place ? Est-il juste de juger des personnes qui ont collaboré avec les nazis alors qu’ils ne faisaient que travailler pour vivre ? La question de responsabilité et de culpabilité est présente dans tout le film. Un des jeunes étudiants dans le film lance un petit monologue pour dire que beaucoup de monde était au courant que les camps existaient. Alors ou est la justice ? Pourquoi juger des gens plus que d’autres ? Je précise que le film ne parle pas des dirigeants Allemands mais de femmes gardiennes, et que je parle donc de ce cas précis. J’ai été bouleversée par la force de ce film, où on voit des femmes responsables de la mort de centaines de juifs, qui ne semblent pas comprendre ce qu’elles ont fait de mal. Elles ne sont pas nazies, elles comprennent que tuer est mal. Mais le débat est ici : elles étaient gardiennes, là pour garder et choisir des prisonniers. Où est la part de responsabilité lorsqu’on ne fait qu’obéir à des ordres pour survivre à la guerre ?

Le personnage de Kate Winslet est fort précisément car il n’est pas parfait. Pour une fois, on arrive à s’attacher à un personnage qui a fait des choses odieuses, mais nous sommes touchés par sa détresse et son incapacité à comprendre pourquoi elle se retrouve jugée. Le personnage de Michael Berg, interprété par David Kross (a 15 ans) puis par Ralph Fiennes, a une profondeur rare. Les deux acteurs sont brillants, et le jeune David Kross est presque meilleur que Ralph Fiennes, qui pourtant joue la douleur et la morosité mieux que jamais. Les scènes de procès m’ont absorbée, et c’est pour cette raison que je trouve que Kate mérite son Oscar. Car j’ai complètement oublié que je regardai un film et que j’étais dans une salle de cinéma. Et cela ne m’arrive que très, très, très rarement.

Pour le reste, je pense que c’est à vous de voir. Je ne suis pas sure que tout le monde soit autant touché que moi, mais ça reste un très bon film, sans conteste un des meilleurs qu’il m’a été donné de voir cette année.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article