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The Messenger

 



The Messenger est un film que j'ai vu essentiellement parce qu'il rassemblait deux de mes acteurs préférés dans les rôles principaux. C'est un film qui m'a vraiment surprise du début à la fin, surtout lorsque j'ai apprit que c'était un premier film. Le réalisateur, Oren Moverman était plus connu en tant que scénariste, notamment sur l'excellent I'm not there, ainsi que sur Jesus' Son. Il raconte l'histoire d'un jeune militaire, Will Montgomery (Ben Foster), qui revient de la guerre et qui a une nouvelle mission bien plus délicate: annoncer aux familles les décès de leur proches dans l'armée. Pour cela, il est accompagné et coaché par Anthony Stone (Woody Harrelson). Ensemble, ils vont devoir faire un des travail les plus difficiles de l'armée, car il est essentiellement humain. Durant le film, ils vont apprendre à s'apprécier, mais aussi comprendre la dure réalité de ce qui se passe en parallèle à cette guerre. Dis comme ça, ça peut paraître chiant, mais essayez quand même de ne pas vous braquer et de lire ce que j'ai à en dire.

Le film en lui même propose un sujet intéressant qui n'a quasiment jamais été exploité à ma connaissance. (A part un film sur les femmes de soldats qui en parlaient un peu), et j'ai bien aimé voir cet autre côté de l'armée. Loin du patriotisme crétin et des leçons de morales, The Messenger s'approche plus du film indépendant que du film à gros budjet, du moins dans son approche de l'histoire. Il s'oppose clairement à la guerre en Irak, montrant la douleur des familles, et l'incompréhension collective. Les militaires eux-mêmes sont hors du temps, et le film parvient à montrer l'effet que peut avoir l'armée sur ces hommes, perdus dans un monde qui ne les comprend pas et qu'ils ne comprennent plus.

"The Messenger est particulièrement sensible et brillant, au moins dans sa première moitié. Les deux personnages visitent quelques familles très différentes, et d’une certaine manière, Oren Moverman augmente le poid du pathos en invitant les anges de la mort à côtoyer des situations (certes) un peu caricaturales, déjà fragile et hautement sensibles, qu’ils ne pouvaient s’attendre à rencontrer. Les deux soldats ont une procédure à respecter, afin de prévenir toute insulte de la douleur des familles par une quelconque maladresse. Il est évident que la procédure ne prévoit aucun cas particulier, et c’est à cet instant que la charge des deux soldats devient encore plus lourde et inconfortable, qui nécessite une adaptation qui n’est en théorie pas autorisée." (Wordpress)



Ben Foster hurle "This is America", mort bourré sur un parking. Et c'est la toute la force du film: oui, c'est ça l'Amérique. Une envie de défendre son pays, en opposition à la réalité qui est une mort absurde, désolante. C'est aussi la beauté des routes, de la nature, le calme, en opposition à l'horreur de la guerre et du combat qu'on pu connaître ces hommes. The Messenger, c'est aussi une histoire d'amitié entre deux hommes qui n'ont pas grand chose en commun. L'un s'empêche d'être humain afin d'accomplir son devoir, et l'autre s'efforce de l'être pour ne pas devenir dingue. Ben Foster est massif, absorbant, et s'impose dans ce rôle principal qui lui va comme un gant. Proche de son rôle dansAlpha Dog, il démontre ici qu'il est capable une fois de plus de jouer des rôles intenses tout en gardant son calme. De son calme, il tire cette puissance incroyable que je n'ai pas vu chez beaucoup d'acteurs depuis Daniel-Day Lewis. Il en jette, et arrive à allier tout ce qu'on peut adorer chez lui, tout en en rajoutant. A côté de lui, non moins balèze, Woody Harrelson, fidèle à lui même, dans le rôle du mentor qui en fin de compte n'a pas grand chose à apprendre aux autres. Les deux personnages sont torturés, mais ne le montrent que vers la fin du film. Alors non, pas de morale chiante ou de clichés ridicules. Ce film est bon, vraiment. A la fois fin, intelligent, inattendu.



Steve Buscemi fait également une apparition, histoire de vraiment allier tous les acteurs que j'adore plus que tout dans le même film. Je ne suis pas fanatique de son rôle pourtant, celui d'un père qui vient de perdre son fils à la guerre. Des familles de victimes, on en voit plein pendant le film, et j'ai bien aimé le fait que justement, on ne les voyait quasiment pas, histoire de ne pas trop en faire. Assez de cris comme ça. Alors pourquoi faire revenir le personnage de Buscemi, qui était pourtant fort parce qu'il n'était que peu présent? C'est un défaut mineur, et ce n'est que quelques minutes du film, mais c'est le seul petit point négatif que j'ai pu trouver. Samantha Morton interprète une des femmes qui ont perdu leur mari, et le film développe rapidement une relation entre elle et Ben Foster, qui n'apporte pas grand chose au film, mais qui permets de souffler un peu entre deux scènes difficiles.

Je vous le dis à tous, le sujet du film n'est pas important, car je ne supporte pas les films sur l'armée, ni les films sur la guerre, même si je les regarde. Ce film, c'est avant tout deux acteurs monstrueusement talentueux, et les échanges qui ont lieu à l'écran. Je n'ai qu'une chose à dire à la personne qui a eu l'idée de les mettre ensemble dans ce film: Putain, merci. Deux acteurs qui ont l'habitude de jouer des tarés, des tueurs, des gens complètement ravagés mais toujours mémorables. Ici, ils sont tout en finesse: ils passent des rires aux larmes, de la violence à la discussion. Tout ça filmé dans une belle intimité, beaucoup de gros plans, beaucoup de jolie musique....et beaucoup de discussions, de recherches et de débats sur l'armée. Tout ça caché derrière ces deux acteurs, que j'aimais déjà à la folie, mais que j'idolâtre complètement maintenant. Ne serais-ce que pour une scène qui dure bien longtemps qui est essentiellement une confession de Ben Foster, qui balance son texte parfaitement et m'a presque foutue les larmes aux yeux....

Alors non, ce film n'est pas extraordinaire en soit, ce qui l'est, ce sont les prestations. Je ne le verrai pas plusieurs fois, je ne l'achèterai pas en DVD, mais j'ai été happée dans cet univers qui pourtant m'est exécrable en temps normal. De très beaux monologues, une foi pas croyable, j'ai été accrochée aux mots de Ben Foster du début à la fin.

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