
Si All The Real Girls est un film indépendant classique dans le sens ou il a été réalisé avec un budjet quasi inexistant et des acteurs habitués à ce genre de film, il dépasse un peu les autres avec un seul point fort: le jeu. En effet, l'histoire est pas fascinante, mais les acteurs m'ont vraiment bluffée du début la fin, et ils arrivent à insuffler de la vie à un film qui sans eux n'en aurait pas vraiment. Quelques scènes complètement barrées ont également retenue mon attention, comme par exemple celle ou les deux "héros" sont déguisés en clowns pour faire rire les enfants d'un Hôpital. Ne vous méprenez pas, rien de cliché la dedans, plutôt quelque chose de très drôle, sensible, et très....poétique.
L'histoire est celle de Paul (Paul Schneider, bluffant), qui tombe amoureux de Noel (Zooey Deschanel), la soeur de son meilleur ami. Ils habitent une petite ville, et...c'est tout.
Le Réalisateur David Gordon Green, originaire de l'Arkansas, signe ici un film personnel, intimiste, et nous montre une partie de l'Amérique dont on ne parle que trop peu: une Amérique rurale, loin des paillettes, du glamour, et au fond, loin de tout. Il signera plus tard Délire Express(Pineapple Express) , stoner movie par excellence, produit par Mr Judd Apatow, prouvant que décidemment, il enchaîne des films qui ne se ressemblent absolument pas.
All The Real Girls est considéré comme du "cinéma indépendant exigeant". En effet, tous ces films ont fait fureur dans le milieu, et Green reste un des cinéastes qui arrive le mieux à retranscrire sa sensibilité à l'écran. C'est le film typique du Festival de Sundance, et c'est pourquoi il y a fait fureur lors de sa sortie, en 2003.
Love is a puzzle. These are the pieces.
Le film erre dans l'Amérique profonde, et arrive à nous plonger dans cette ambiance d'ennui profond qui peut la caractériser. Les jeunes s'ennuient, et les rares filles sont tiraillées entre leur famille qui veut les protéger, les loosers qui veulent juste tirer leur coup, et les autres, plus sensibles, qui se font en fin de compte toujours avoir. Dans l'ensemble, je n'ai pas adoré le film. Mais la puissance et la justesse des acteurs en font, pour quelques moments, quelque chose dont je me rappellerai. Quelques très beau cadres, d'autres drôles, et toujours cette mélancolie bien cachée derrière les sourires des acteurs. Je vous conseille donc de le voir ne serais-ce que pour la très, très belle performance de l'acteur Paul Schneider, qu'on voit souvent dans des seconds rôles ( Away We Go, Bright Star, Jesse James, Elizabethtown) mais qui mérite bien, bien mieux. Ici, pas de Happy end à l'eau de rose, pas de scène bidon pour plaire pleurer les ménagères. C'est du brut, de l'honnêteté, et ça fait du bien. Zooey Deschanel elle, joue toujours le même style de rôle: la nana un peu barge, bizarre, mais jolie, sensible, intrigante. Je pense qu'il y a eu une GRANDE part d'improvisation devant la caméra, car aucun acteur n'est aussi génial, et qu'on a vraiment l'impression d'entrer dans l'intimité de ces deux personnages.
Le film en lui-même est assez lent, voir ennuyant car au fond rien ne s'y passe, sinon des situations banales, quelques fois enjolivées pour les besoins du film. Mais dans l'ensemble, il n'y a rien d'extraordinaire: c'est une page d'histoire, un morceau de la vie de quelques personnes. Mais tout ça filmé avec une jolie maîtrise et une sensualité à toute épreuve. Et pour UNE fois qu'il y a un film sans glamour ou sans héros super beaux et super intelligents, je trouve que ça vaut quand même le coup de s'y intéresser.