
Avec un titre aussi prometteur, je ne pouvais que regarder ce film, et j’avais bien raison, c’était une véritable bouffée d’air.
The Air I Breathe est basé sur un ancien proverbe chinois, qui divise la vie en quatre émotions : bonheur, plaisir, douleur et amour. On pourrait donc s’attendre à un film cliché et dégoulinant de couleurs et de lumière joyeuses. Mais c’est tout le contraire. **The Air I breathe** est certes avant tout une ode à la vie, mais elle est analysée et transmise à travers la mort. Ces 4 thèmes sont exploités avec une profondeur à laquelle je ne m’attendais pas, et la construction du film est vraiment très bien faite. Malgré tout, on aurait tendance à le comparer à des films comme **Collision** et **11h14**, car son découpage est semblable : plusieurs histoires qui se croisent et se mélangent.
- L’histoire d’une jeune star de la musique (Sarah Michelle Gellar) qui se retrouve coincée avec un manageur mafieux (**Andy Garcia**) qui tente de contrôler sa vie.
- L’histoire d’un homme de main (Brendan Fraser) qui voit le futur.
- L’histoire d’un employé (Forest Whitaker) qui prend sa vie en main.
- L’histoire d’un médecin (Kevin Bacon) qui tente de sauver la femme qu’il aime.
Le casting du film avait de quoi faire peur et faire mal à la fois. Mais au final, absolument tous les personnages sont convaincants, et ceux sur qui j’avais des doutes m’ont bluffés. Un exemple ? **Brendan Fraser**. Cet acteur ne m’a jamais vraiment enchantée, même si il a fait quelques bons choix de films dans le passé. Mais il est victime de son succès, et j’ai donc du mal à le voir comme autre chose que le mec qui a joué dans *La Momie*. C’était donc un incroyable soulagement de voir que non seulement il sait tenir un rôle sérieux, mais qu’en plus de ça, c’est un des personnages les mieux construits et les plus improbables. Je me suis donc rappelée que c’était avant tout un très bon acteur, et qu’il avait fait autre chose que des gros blockbusters. A ses côtés, Sarah Michelle Gellar, qui reprend un rôle proche de celui qu’elle avait dans **Southland Tales**, celui de la rock star. Décidemment, son visage lui colle à la peau, et difficile pour elle d’avoir des rôles concrets. Pourtant, dans ce film, elle arrive à s’en sortir et à mélanger rôle basique et rôle difficile. Même si une fois de plus on ne retient qu’une chose : elle est photogénique.
Passons maintenant au gros noms du casting : Forest Whitaker. Son personnage est le plus touchant, car il est au fond le plus proche du public. C’est le seul dont on peut se sentir proche, et c’est le genre de personnage pathétique qui fait étrangement les plus belles histoires. Il est donc très bon, comme à son habitude.
Puis on a Kevin Bacon. C’est le personnage que j’ai le moins aimé, même si j’adore l’acteur. Pourquoi ? Pas à cause de son jeu, très loin de là, mais à cause du fait que son personnage n’est pas très logique (surtout pour un docteur). Il court partout et fait un peu n’importe quoi, lui qui est censé être calme et réfléchi. Mais bon, cela sert à son histoire, que j’ai tout de même adoré, même si elle était traitée de manière trop brève. Il est aux côtés de Julie Delpy que je n’aime décidément que dans ses propres films.
On a aussi quelques rôles secondaires amusants comme celui de Emile Hirsh et une petite apparition de John Cho. On a aussi Andy Garcia dans un des rôles principaux, mais j’ai trouvé son personnage tellement antipathique et calqué sur Al Pacino que j’ai vraiment détesté toutes ces apparitions à l’écran. Mais en même temps, moi et les histoire de mafia, ce n’est pas une histoire d’amour.

Emile qui réfléchit à comment me demander en mariage...
The Air I Breathe est un film qui sort de l’ordinaire malgré une construction déjà vue. Il m’a surprise à plein de moments, je me suis vraiment prise à cette ambiance. Je suis presque tombée amoureuse de Brendan Fraser, et c’est vraiment le dernier acteur que je me serais imaginée adorer. Les histoires différentes pourraient paraître un peu trop courtes, car une fois qu’on s’est attaché au personnage, on passe à une autre histoire. Mais en fin de compte on ne reste quasiment jamais sur sa faim, et c’est un tel régal d’avoir l’impression de voir 4 films en un…
Ce film peut vraiment plaire à beaucoup de monde, car tous les films y sont mélangés. On a droit à un peu de fantastique, à de l’action, à de l’amour, à des drames, et même à quelques happy-endings.
A l’instar de "Collision", **The Air I Breathe** est un film choral urbain, dont les différents degrés du récit révèlent un véritable constat d’un monde troublé et malade... Si au début le récit semble parfois manquer d’une certaine maîtrise, il contient néanmoins le semblant de cohérence et de puissance émotionnelle nécessaires à sa réussite en tant que film choral. Et même si la réalisation s’apparente davantage à celle d’une série que d’un film, ou qu’on trouve ça et là quelques poncifs, on pardonne les maladresses et salue ce coup d’essai du réalisateur Jieho Lee, à travers quelques séquences tout de même mémorables. (Allociné)
Breathe it !