
Avant toute chose, je dois avouer que malgré un sujet facile, l’histoire du film était vraiment agréable. **Clones** a tous les éléments d’un bon blockbuster de science fiction : un héros intelligent, une morale, de l’action, et des scènes impressionnantes. Par contre, je ne suis pas fan des courses poursuites du film, trop d’explosions et d’effets à mon goût. Même si voir des clones sauter de voiture aurait pu être pas mal, là c’était vraiment tout sauf nécessaire. Le film en fait donc un peu trop, alors qu’il aurait pu se contenter d’exploiter son histoire et ses personnages. Parce qu’on a déjà eu des films comme I-robot pour le reste, et que c’est inutile de tomber dans du déjà vu.

Tout cela m’a un peu agacée pendant quelques temps, puis je me suis finalement laissée prendre par le film, et j’ai vraiment trouvé ça pas mal. Bien sur, ce film ne sera pas mémorable, et est très loin d’être dans les meilleurs du genre. Mais j’y allai pour ne pas trop réfléchir, et c’était un bon choix. La morale du film reste tout de même très présente. Mais pour une fois, ce n’est pas une morale religieuse débile ou trop agressive. C’est d’ailleurs presque une morale imposée. Une morale qui nous dit : restez vous même, ne vous cachez pas, et ne vivez pas votre vie à travers les autres, ni à travers les machines.
Dans le monde entier, les gens ont une nouvelle vie : celle des surrogates. En gros, nous avons un robot qui a l’apparence humaine et qui ressemble à ce que nous voulons être. Nous nous connectons, et nous vivons notre vie à travers ce robot. Plus de danger, plus de meurtres, plus besoin de sortir chez soi ou de se fatiguer. Et quasiment tout le monde à adopter ce mode de vie. Evidemment, il y a tout de même des gens qui refusent ce système et qui vivent dans des communautés (hippies !!).
Notre héros s’appelle Tom Geer, et c’est un agent du FBI. Il enquête sur deux mystérieuses morts : deux ‘clones’ ont été tués, mais leur opérateurs ont été tués aussi. Chose normalement impossible : lorsque votre robot est bousillé, vous êtes censés rester en vie. Il va alors découvrir un complot contre l’industrie des clones, et tenter de l’arrêter…A côté de ça, il va devoir malgré lui redécouvrir la vie sans son robot, et va retrouver les sensations humaines dont il rêvait tant. Le bruit, l’air du dehors, la douleur…
Le but des ‘clones’ est de pouvoir ressembler à ce qu’on aimerait être, et j’ai donc adoré le fait que dans ce film, tout le monde est beau, grand, bien foutu. J’ai aussi bien aimé les petits clins d’oeils qui montrent jusqu’où tout ça peut aller : un gros mec peut se retrouver dans le corps d’une jolie nana etc. Ironiquement, et c’est aussi très bien vu, la plupart des gens gardent leur visage et se contentent de s’embellir un peu. Le résultat ? Un monde de Barbie et Ken. J’ai trouvé les maquillages des ‘clones’ très bien faits, ils sont frappants tout en étant softs.
Bruce Willise est fidèle à lui-même, mais j’ai presque regretté qu’il ne balance pas des conneries tout le temps comme dans la plupart de ses films. Pour une fois, il campe un personnage blasé, volontairement maussade, et carrément agréable. Hélas, l’éternel besoin des films Américains de tout dramatiser : son personnage a perdu son fils. Alors on a droit aux scènes typiques que je déteste : les scènes de mélancolie de quelqu’un qui a perdu quelqu’un d’autre. Je n’ai qu’une chose à dire : mais pourquoi ? A croire que la seule technique pour rendre un personnage attachant c’est de le faire dépressif ou avec un passé difficile. Ca a le don de m’énerver, surtout alors que le personnage tenait très bien la route sans ça. A ses côtés, Radha Mitchell qui galère grave à jouer son double robotique, on voit trop qu’elle essaye de faire des mouvements plus rigides, mais on voit qu’elle joue et que ce n’est pas naturel malgré le maquillage. Mais c'est Rosamund Pike que j'ai retenue du film, car son visage se prêtait vraiment bien au role: une vrai Barbie, bien flippante par moments.

Clones de son titre original Surrogates est une adaptation du comic book du même nom, créé par Robert Venditti et Brett Weldele.
Je trouve d’ailleurs ça profondément débile d’avoir traduit le film en **Clones** alors qu’il ne s’agit absolument pas de clones mais juste de robots animés. Le projet a été conçu par les producteurs Max Handelman et Elizabeth Banks, puis Todd Lieberman. Le réalisateur de Terminator 3 : Le Soulèvement des machines (2003), Jonathan Mostow y joint pour diriger le film sur le scénario de Michael Ferris et John Brancato2 qui avaient également travaillé avec lui sur ce film. Le film est réalisé par **Jonathan Mostow** qui a réalisé le dernier Terminator (3), mais bizarrement, le film n’a pas du tout la même qualité au niveau de l’image. Dommage.
En résumé, même si Clones n’est pas le film du siècle, j’ai bien aimé le message du film : la seule réalité, c’est vous. Et vous, vous aimeriez pouvoir changer d’apparence au point de vivre à travers une machine ?