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Scream 4



Je me rappellerai toujours la première fois que j'ai vu Scream.

C'était en 1997, le film étant sortit en 1996, et j'avais été profondément marquée. Car c'était à la fois flippant et drôle, bourré de références et bourré de clichés. Et le plus beau, c'est que tout cela était volontaire. Le réalisateur, Wes Craven, est un grand habitué du cinéma d'horreur. Réalisateur, scénariste, producteur, acteur, monteur, c'est un petit fanatique de cinéma qui ne manque pas de nous le rappeler. On le surnomme "le maître de l'horreur", tout comme J. Carpenter. Il est à l'origine, entre autre, du premier Freddy les griffes de la nuit (1984), La colline a des yeux (1977), La dernière maison sur la gauche (1972). Il réalisera la trilogie des Scream (maintenant tétralogie...) entre 1996 et 2011, créant un nouveau "style" de slasher movie. Un style qui parodie tout en rendant hommage, et qui fait sursauter tout en faisant rire. Scream 1, 2 ont été écrits par Kevin Williamson, qui avait également écrit Souviens-toi l'été dernier et The Faculty. Il reprend ici la plume pour nous faire Scream 4, que je suis allée voir dès sa sortie. Wes Craven et Kevin Williamson ont dit s'être inspirés de la saga Halloween et de l'éventreur de Gainesville Danny Rolling pour écrire les films. Scream raconte l'histoire d'une jeune femme, Sidney Prescott (Neve Campbell), qui se retrouve avec ses amies et sa famille victime d'un tueur en série. Le tueur porte un masque et un costume, tue les gens avec un couteau, et semble ne jamais vouloir s'arrêter. Il prend un malin plaisir à les appeler au téléphone et à leur demander quel est leur film d'horreur préféré. L'histoire se répète lors de Scream 2, 3, et 4. Mais ce n'est jamais le même tueur, il y en a des nouveaux, souvent liés à elle, parfois sans aucun lien. Mais l'histoire semble se répéter encore et encore, et le tueur devient un véritable mythe. Des films sont faits sur le sujet (ce qui fait, techniquement, un film dans un film), films appelés "STAB" (poignarder). Et dans Scream 4, on a même un film dans un film dans un film. Joli. C'est donc dans cet univers qu'on retrouve pour la quatrième fois Sidney. Elle n'est plus étudiante mais adulte et a visiblement réussi à reprendre sa vie en main. Elle revient donc dans sa ville natale, là où tout à commencer : Woodsboro. Mais rapidement, des meurtres ont lieu, et visiblement, tous concernent la cousine de Sidney, qui voit ses amis mourir les uns après les autres. Les deux cousines se retrouvent et font connaissance tout en essayant de survivre et de démasquer le coupable...



Dès le début, Scream 4 établit clairement de nouvelles règles, nous faisant comprendre qu'il s'agit plutôt d'un remake qu'autre chose. Un remake avec les mêmes acteurs, le même style d'humour, la même histoire. Mais le fait qu'on nous annonce clairement ce à quoi va ressembler le film fait que tout se passe vraiment sans encombre. On sait très bien le film que l'on va aller voir, on sait qu'on va voir des adolescents se faire tuer par un tueur déguisé, qu'on aura pas spécialement peur mais qu'on passera un bon moment. Et c'est pour cela que Scream 4 est, pour moi, un pari réussi. Ce que j'ai toujours adoré dans Scream et ce qui n'a pas changé, c'est que ce n'est pas un film qui se prend au sérieux. Oui, les personnages ne sont pas très recherchés, oui, on sait à peu près tout ce qui va se passer. Oui, on se doute de qui vont être les tueurs (oui, y'en a plusieurs, et non, ce n'est pas un spoiler, on le voit dès le début du film). Mais le film est avant tout une leçon de cinéma. Non pas dans sa réalisation, mais carrément dans les dialogues des personnages. Scream 4 est avant tout un délire autour des précédents, mais un délire calculé. Il suffit de voir le début du film pour rire et pour vraiment ravaler ses commentaires négatifs. Car Wes Craven nous montre qu'il sait très bien ce que le public pense. Il sait à qui il s'adresse : des fans de films d'horreurs, de slashers, de gore. Et il a déjà démontré qu'il savait faire des bons films d'horreurs sérieux. Mais qu'il aime aussi détourner les règles et s'amuser avec. Et c'est là toute la force de Scream : toucher un public large d'un côté, mais aussi faire des clins d'oeils aux grands films d'horreurs, pour les habitués. Scream, c'est l'art de dire "je sais que ça ne fait pas peur, mais je m'éclate, avouez que vous aussi". On ne va pas voir ce film pour s'accrocher à son siège, on y va surtout pour passer un bon moment. Alors oui, la fin est prévisible, mais ça fonctionne à merveille. Je m'attendais sincèrement à une suite pourrie et sans aucun intérêt, et j'ai été agréablement surprise.

Pourtant, il est très loin d'égaler les autres. Les personnages sont devenus très creux, surtout les personnages qui, déjà, manquaient cruellement de profondeurs, comme par exemple Dewey, le flic pas doué interprété par David Arquette. A ses côtés, sa femme dans la vie et à l'écran : Gale (Courteney Cox), qui elle aussi a bien du mal à récupérer un semblant de carrière. On comprend donc que les acteurs aient signé pour ce film. Après tout, c'est drôle, pas très difficile à jouer et puis on passe son temps à courir, ça fait du sport. Le personnage de Sidney est devenu plutôt ennuyant et je déteste vraiment le tournant qu'ils lui ont fait prendre. Elle a (soi-disant) prit le dessus et est devenu une "survivante", une femme forte qui n'a plus peur de rien. En gros, une chieuse qui reste bloquée dans le passé et qui se fait de l'argent dessus tout en jouant à la victime. Lorsqu'on retrouve Sidney, elle a écrit un livre sur son expérience et sur sa vie et a l'air de plutôt pas mal s'en sortir. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'ils lui ont fait un look complètement passé et qu'on dirait une bonne femme sans grand intérêt. Elle n'a pas l'air d'une battante, elle a juste l'air de... rien. Surtout comparée à la horde de jeunes bombasses qu'on nous colle dans le film. Évidemment, elle a grandi, elle a mûri, mais le personnage aurait pu connaître une belle évolution sans avoir à l'habiller comme une grand-mère. Non, je suis désolée, si je vais voir Neve Campbell dans un film, je m'attend à ce qu'elle soit un minimum jolie. Je préfère donc de très, très loin la Sidney de Scream 2. En fin de compte, elle ne sert vraiment pas à grand chose et le film aurait pu fonctionner sans elle, en changeant un peu l'histoire. Dommage. Le film essaye de faire un "passage de flambeau" en passant le relai à une nouvelle génération. Mais le fait de faire ça ôte tout l'intérêt aux personnages que l'on a appris à connaître. (Bon, je chipote beaucoup, mais je vous rassure, ce n'est pas si terrible que ça.)



Mais la grande "nouveauté" dans Scream 4, ce sont les rôles secondaires. Il y en a toujours eu évidemment (faut bien avoir du monde à tuer), mais ce coup-ci, ça balance du lourd et ça reprend beaucoup de visages qu'on a pu voir au cinéma ou à la télé récemment. On a par exemple Hayden Panettiere (Miss pom pom girl dans Heroes), très sexy, drôle, vraiment parfaite (surtout comparée aux autres), qui trouve étrangement sa place sans aucun problème. C'est mon personnage préféré de Scream 4. Pourquoi ? Parce que c'est la seule à peu près plausible, qui n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour donner de la profondeur à son personnage. Ensuite, Rory Culkin, acteur de grand, grand talent que j'apprécie beaucoup, mais qui se retrouve ici dans un rôle plutôt bancal. C'est annoncé, c'est un "remake" et son rôle ressemble beaucoup trop à celui de Randy dans les autres films. Dommage. Puis on a Alison Brie (de la série Community), Emma Roberts (Twelve), Kristen Bell (Veronica Mars, Heroes) et Anna Paquin (True Blood) qui font une mini-apparition plutôt drôle, etc. Il y a aussi un gros clin d'œil à Robert Rodriguez, double clin d'œil même, vu qu'on retrouve Marley Shelton (l'infirmière dans Planète Terreur) dans un rôle de flic un peu psycho.

Au delà de ça, il y a une tentative plutôt foirée de rendre le film "moderne" en nous annonçant que le tueur filme sûrement ses victimes. "New Decade. New Rules." Parce que oui, c'est un tueur high-tech, il tue toujours les gens au couteau mais il met des petites webcams. C'est lui qui fait le film. L'idée en soit, d'accord, ça pourrait être cool. Mais elle n'est absolument pas développée. On en entend juste parler très rapidement alors que la bande-annonce nous laisse croire que le film portera là dessus. En fin de compte, c'est une fausse bonne idée et cela ne sert absolument pas le film. Beaucoup de scènes sont trop rapides et les meurtres, n'en parlons pas ! Dans un sens, on a pas envie que ça dure 5h, mais en fin de compte, on se retrouve avec beaucoup de bla bla et d'histoires parallèles qui ne servent pas à grand chose. (Ex : la carrière de Gale Weathers ou les problèmes de couple entre elle et Dewey). Et pour un slasher movie, c'est dommage, car c'est exactement là qu'on attend le spectacle : dans les meurtres. On nous annonce beaucoup de bonnes choses pendant le film et on laisse notre imagination nous jouer des tours en s'imaginant une grosse tuerie monumentale. Mais non. Ça n'arrive jamais. En fin de compte, les nouveaux tueurs n'inventent rien. Ils n'innovent pas. Je suis donc un peu restée sur ma faim. Et si je devais résumer le film, je le résumerais comme ça : beaucoup de bonnes idées, mais aucun développement. Ils butent un peu les gens sans trop de motivation. C'est plat, c'est pas spécialement agréable à regarder, c'est assez "random", surtout comparé aux meurtres des films précédents. Bref, c'est le gros côté négatif du film. Mais j'ai tout de même passé un très bon moment et je n'ai pas regretté d'être allée le voir. Et c'est difficile de critiquer lorsque le film s'auto-critique dans ses propres dialogues histoire de contrer toute vision négative du film. HUM....

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