
Depuis le temps, je commence à devenir sacrément fan de Jamie Bell, et je me suis donc jetée sur ce film : Hallam Foe, ou la version française : My name is Hallam Foe.
L’histoire est celle de Hallam Foe, un jeune homme très perturbé depuis la mort de sa mère. Il est persuadé que sa mort n’était pas un accident, ni un suicide, mais bel et bien un meurtre. Il habite dans une cabane construite par son père et habite dans la résidence parentale. Mais son père est remarié et il ne s’entend pas du tout avec la nouvelle femme, qu’il soupçonne d’être responsable de la mort de sa mère. Il passe son temps coupé du monde dans sa cabane et prend l’habitude d’observer les gens vivre. Après une engueulade avec sa belle-mère, Hallam décide de quitter le foyer familial pour aller faire sa vie à Londres. Là bas, il remarque une fille qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère et décide de la suivre et de l’observer comme il a l’habitude de le faire. Il lui parle même, réussit à trouver un boulot dans son hôtel et évidemment, tombe amoureux d’elle.
Le film dresse le portrait sage d’un jeune homme perturbé, perdu entre ses problèmes d’adolescent et le manque d’une mère pour l’aimer. Le personnage de Hallam ne supporte pas que sa mère ait pu l’abandonner, on ressent son mal-être. Le film parle de la recherche de soi, mais évidemment de la perte d’un être cher. Comment vivre sans avoir le sentiment d’appartenir à une famille ?
Tout le long du film se développe une relation techniquement malsaine entre Hallam et la jeune femme qui ressemble à sa mère : Jenny. Ils tombent amoureux, bien que le film ne soit pas sur leur couple. Tout se passe et se défait très rapidement. Jenny découvre bien évidemment que Hallam ne l’a pas rencontré par hasard. Elle comprend qu’il l’a longtemps observée, même avec un autre homme. Pourtant, Hallam n’observe pas les gens par plaisir sexuel. Ce n’est pas le voyeur basique comme on pourrait le croire. Il a juste cette jolie fascination pour les gens, chose que je peux comprendre vu que j’ai la même. Qui ne s’est jamais assis sur un banc pour observer les gens ?
Par cette histoire, le film parle d’accepter l’autre avec ses défauts, et ses éventuelles perversions. Mais quand on y pense, le film reste très pervers dans son histoire (pas ses images). Tomber amoureux du sosie de sa mère, c’est plus que dérangeant non ? Comme l’image très bien une phrase du film : Do you feel like you’re fucking mommy ?
Je précise toutefois que ce film n’est pas du tout glauque, ni pervers en soi. Il y aurait plutôt beaucoup d’éléments du feel-good movie justement. Rien que par sa jolie petite B.o, proche de celle de celle de Garden State…
Quand on a vu Young Adam du même réalisateur, on reconnaît ses petites touches personnelles, notamment dans les scènes de sexe, filmées assez directement et sans artifices. On reconnaît aussi les émotions brutes, et l’art qu’il a de choisir ses acteurs. Dans Young Adam, nous étions dans un face à face entre Ewan McGregor et Tilda Swinton. Ici, il s’agit du brillant Jamie Bell aka Billy Elliot, qui enchaîne décidément tous les bons petits films indépendants (sauf Jumper). On y voit aussi la belle Ruth Milne et un petit rôle pour Claire Forlani.
Ce film tape exactement là ou j’aime être touchée (Oh oui !). On est à la fois nostalgique et souriante en le regardant, et même s’il y a quelques longueurs, moi j’adore. Jamie Bell a une aisance dans le jeu qui me rend dingue de jalousie. Il captive le regard même sans rien faire. Et quand on le colle dans des petites scènes qui auraient pu sortir d’un film contemplatif, c’est encore plus beau, et moi, j’adore. Et en plus, tout ça avec l’accent écossais…