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Dans la Brume Electrique



J’ai pris la bonne ou mauvaise habitude de faire un article sur tous les films que je voyais quasiment, alors vous allez encore y avoir droit même si je n’ai rien à en dire de bien fascinant, alors il va falloir m’aider. Je suis donc allée voir Dans la Brume Electrique de Bertrand Tavernier.

Tout débute avec un long plan des bayous, en Louisiane, où une voix off nous parle d’anciens temps et de superstitions, de pierres que l’on mettait dans les tombes pour que les morts ne reviennent pas. Alors on se dit qu’il y a une dimension mystique, qu’il va peut-être y avoir des fantômes, que peut-être que le film est moins calme qu’on ne l’aurait cru.

"Dans les temps anciens, les gens mettaient des pierres sur la tête des mourants... "

Visiblement la version française diffère de la version américaine, où tout commence par une narration qui elle nous parle de l’alcoolisme du personnage principal. Quoiqu’il en soit, nous voici plongés au cœur de la louisiane avec Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones), un détective qui enquête sur plusieurs meurtres.

Mais ce n’est pas qu’un énième thriller ou une banale histoire de flic. Une fois encore, les films qui se passent dans le sud des Etats-Unis ont une dimension étrange et mystique. Pourquoi ? Je n’en sais rien. La brume, les marécages, le blues, la lutte des noirs ? Tout est présent dans ce film qui a vraiment réussi à me transporter dans un univers parallèle.

Le film nous prend donc par la main et nous fait partager un amour pour les légendes, mais aussi les déambulations d’un personnage torturé mais idéologiste : Dave. Ancien alcoolique, adepte des réunions des A.A, il est troublé par une rencontre avec des soldats confédérés. Tout le long du film, il discute et échange des idées sur la vie avec le chef de ses soldats. La question se pose, a-t-il des visions ? Il est impossible qu’il y ait vraiment des soldats présents, et pourtant…

Dans la Brume Electrique est un film métaphysique sur les rêves d’alcooliques de Dave, rythmé par une enquête sur un tueur en série. A côté de cela, on découvre et apprécie l'histoire de la Louisiane, avec des rappels de la situation des noirs il n'y a pas si longtemps que ça, et l'impact que cela a eu sur cet Etat. On suit cette nostalgie étrange car le film est réalisé par un français, et c'est peut-être aussi toute la force du film...



Le réalisateur conjugue « son propre univers et celui de l'un des grands auteurs de thrillers d'aujourd'hui, mariant le cinéma américain et le goût des mots, la saveur d'un murmure littéraire ici assez fiévreux, celui des voix de la conscience de Dave Robicheaux ou des spectres d'événements lointains. Ce polar baigne dans une mélancolie tragique, la vision des crabes bleus qui courent sur une dépouille humaine et une atmosphère si humide que les moustiques ont bouffé les chauves-souris. Il dépeint le combat quasi désespéré du droit, de la solidarité, des gens de bien contre le crime organisé, la magouille politique, la perversion sexuelle, l'univers des cupides et des malfaisants. Galerie de fripouilles dont un psychopathe en vadrouille et un mafieux porté sur les filles de rien et le base-ball. Ce gros lard patibulaire s'adonnait, dans le roman de Burke, au trafic de cassettes pornos ; Tavernier l'a rendu coupable de détournement des fonds d'Etat dévolus aux reconstructions des maisons décimées par le cyclone Katrina. Le fait est avéré, et la manière dont le cinéaste intègre les désastres de l'ouragan dans son film (travelling sur les masures en chaos) est l'un des signes de sa manière d'investir un sujet, un pays, une culture.» (Le monde)

Le film est adapté d’un roman de James Lee Burke que je n’ai hélas pas lu mais qu’on m’a fortement conseillé de lire. Et je pense que j’aurai du le lire avant de voir le film, car je n’ai pas réussi a me faire une opinion sur celui-ci. J’ai été emportée par le rythme, j’ai erré avec le personnage et je n’ai pas vu le temps passé. Mais je n’ai pas ris, pas tremblée, je n’ai rien ressenti du tout pendant le film. Pourtant je ne me suis pas ennuyée un seul instant, j’ai juste eu l’impression de passer une semaine tourmentée dans la Louisiane avec Tommy Lee Jones.

J’ai donc eu le sentiment d’être littéralement passée à côté du film. Surtout après qu’un ami m’en ait fait l’éloge pendant une heure, en me disant à quel point l’adaptation était géniale bien que le livre soit meilleur. Alors je ne sais pas quoi penser.

Je demande donc aux personnes qui ont pu voir le film, avez-vous eu la même sensation que moi ? Suis-je passée à côté de quelque chose? Aurais-je du lire le livre avant?

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