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La Tête Dans Le Carton A Chapeau

 

1965. Dans l’Alabama, une mère de famille, Lucille, tue son mari et embarque sa tête dans une boîte à chapeau. Avant de partir en cavale, elle passe dire bonjour à ses parents, à son neveu, et à son frère. Puis elle décide de partir pour Hollywood afin de réaliser son rêve : devenir actrice. Le film raconte deux histoires principales, celle de Lucille, mais aussi celle de son neveu resté en Alabama, en pleine lutte pour la liberté des noirs. La partie de Lucille est plutôt mélo, drôle et délurée, alors que la partie en Alabama est politique, plus dure, mais tout de même loin d’être traitée de façon dramatique.

Le film est étonnant, d’autant plus qu’il a été réalisé par Antonio Banderas qui m’avait habituée à faire des films bidons ou gros budgets pour ce qui est de sa carrière aux Etats-Unis. Donc non, je ne parle pas de Almodovar. Bref, Antonio réalise ici un film vraiment cool et agréable à regarder, avec sa femme dans le rôle principal : Mélanie Griffith. Son rôle est pour moi culte, et elle passe son temps à faire des références à des films. Entre son look de starlette et son petit accent du sud, le rôle de Lucille est un de mes rôles féminin préféré au cinéma. Les répliques du film sont toujours drôles et placées au bon moment, et Mélanie Griffith est vraiment fascinante.

Crazy In Alabama aka La Tête dans le carton à chapeau est un film progressiste et démocrate qui dénonce le racisme et la haine anti-noirs des années 60. Il dénonce le retard des Etats du Sud sur les droits de l’homme et l’horreur que les communautés noires pouvaient vivre. Mais loin de là l’idée de faire un film uniquement là-dessus comme Mississippi Burning. Non, ce film est bien plus léger, et n’oublions pas que le film tourne autour de la tante Lucille, qui est bien loin de tout ça. On pourrait reconnaître la plume d’un immigré espagnol (Banderas) qui a connu l’oppression sous le franquisme, mais je n’irai peut-être pas jusque là. Pourtant, Crazy In Alabama réussi un joli rapprochement entre l’émancipation féminine et la lutte des noirs, un peu comme dans Love Field avec Michelle Pfeiffer.

J’ai vraiment adoré le fait qu’il y ait deux histoires complètement opposées, et que Banderas ait réussi à garder un joli contraste qui va pourtant crescendo jusqu’au dernier moment. J’ai adoré les références à la télé et au cinéma, surtout lorsque Lucille se retrouve à jouer un rôle principal dans Ma sorcière bien aimée !! J’ai aussi apprécié de voir Lucas Black jeune, le même gosse que dans Sling Blade, qui a hélas mal grandi en jouant dans Fast and Furious 3…

Les histoires sont tout de même bien ficelées, et les petits cotés délirants sont non seulement bien trouvés mais très original. Je n’ai jamais vu un film de ce genre et c’est vraiment rafraîchissant !! Alors Antonio Banderas, moi je te dis bravo d’avoir réussi à réaliser un film aussi bien construit, aussi parfaitement conduit. On ne s’ennui pas une seule seconde, on s’amuse de tout et de rien, et on se laisse flotter tout le long du film, grâce à la très belle performance de Mélanie Griffith. La musique aussi en rajoute une couche, avec le : Luciiiiilllle, get right back where you beloooooong….

Crazy In Alabama est une adaptation du roman de Mark Childress, qui est aussi le scénariste du film. Pour une fois que l’auteur du roman est celui qui l’adapte pour le cinéma…A tous les adeptes de l’humour noir et de la simplicité sous fond de musique rock, folk, et blues…et à tous les amoureux de Mélanie Griffith : allez voir ce film !!! Classique !!

 

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