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Blindness

 

Un film de Fernando Meirelles, avec Julianne Moore, Mark Ruffalo, Gael Garcia Bernal. Blindness est adapté du livre «L’aveuglement» de José Saramago, prix nobel de littérature en 1998.

L’histoire rapidement. Une ville est touchée par une épidémie de cécité, le « mal blanc », qui touche au fur et à mesure toute la population. Les premiers contaminés sont envoyés dans des camps de quarantaine en attendant de trouver un remède. Une femme (Julianne Moore) se fait passer pour aveugle afin de ne pas être séparée de son mari (Mark Ruffalo), et se retrouve donc la seule voyante dans un camp peuplé d’aveugles paniqués et perdus.

Blindness est à mes yeux une adaptation bien tournée, vraiment agréable à regarder, et contrairement à beaucoup de films, on ne blâme personne. Ni l’armée, ni le nucléaire, ni des essais top secrets. On ne sait pas d’où vient le virus, et le film ne nous apporte aucune réponse la dessus. Et puis au fond, tant mieux, on s’en fous, l’histoire ne concerne pas le virus et ne cherche pas à faire passer de message écologique. Julianne Moore est vraiment étonnante et arrive à porter le film à elle toute seule. Elle est cependant entourée d’acteurs (une dizaine de secondaires et une centaine de figurants) qui ont passé beaucoup de temps à apprendre à marcher comme des aveugles.

L’élégance du film se situe dans quelques effets d’images qui ont, à mes yeux, le grand plus du film. En effet, il nous est donné de voir, dans plusieurs plans, la vision des contaminés. Ils ne sont pas aveugles comme des aveugles normaux : leur vision est voilée par du blanc. L’idée de nous permettre « voir » (ou de ne pas voir) à travers les héros est innovante et pour moi vraiment bien trouvée. Tout ça allié à des couleurs très épurées et très claires pendant tout le film (sauf des scènes plus « sombres » et tragiques). Julianne Moore est même devenue blonde pour que cela colle aux images.

Egalement, un joli point de vue sur les personnes qui n’existent qu’en situation de crise. Les personnes à qui le virus est positif : les aveugles bien sur, mais aussi des personnes seules et isolées qui trouvent l’amitié (voir l’amour) et la compréhension grâce à leur cécité. Quand le physique et l’apparence n’est plus un critère, tout change.

Ensuite quoi ? Je dois avouer que quelques scènes ne m’ont pas convaincues, mais elles sont dans le livre m’a-t-on dit. Alors bon, si c’est dans le livre, autant pour moi. Un exemple ? Comme dans tout film il y a des méchants messieurs  (dont Gael Garcia Bernal). Dans *Blindness*, ils ne trouvent rien de mieux à faire que de rationner la nourriture contre de l’argent, des bijoux, puis…des femmes. Je vous laisse imaginer les scènes bien glauques que cela engendre, bien que joliment filmées dans le noir avec beaucoup d’ombre histoire qu’on ne prenne pas le réalisateur pour le nouveau Mel Gibson. Mais ce genre de scène n’apporte vraiment rien au film. Les autres personnes de la salle de cinéma semblaient d’accord avec moi, d’où les nombreux « pfff » qui ont fusé de part et d’autres de la salle.

Autre élément du film qui n’a pas un grand intérêt : la voix off. Cette espèce de pseudo voix de la raison qui nous expliquerait presque la morale du film histoire qu’on soit trop bêtes pour la comprendre. Blindness reste une jolie surprise, et un message fort sur la civilisation qui ne repose au fond pas sur grand-chose. Quelques scènes inutiles et quelques longueurs, mais dans l’ensemble, j’ai vraiment aimé.

 

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