
Jakob le menteur est un film sur la seconde guerre mondiale vue à travers un ghetto juif en Pologne. Le film est forcément touchant par son sujet, mais manque par moment de profondeur, surtout après l’énormité de films sur le même sujet comme Le pianiste et La liste de Shindler. Pourtant, le sujet est ici traité de manière beaucoup plus légère, et presque sur un ton théâtral. On arrive donc à ressentir le malaise et le message, sans pour autant se sentir trop mal ou perdre toute confiance en l’humanité. J’ai donc apprécié ce film qui arrive à tenir son sujet sans tomber dans un remake mélodramatique. C’est sans doute du à la présence de Robin Williams dans le rôle principal, lui qui à l’art de faire des films tristes qui restent positifs.
Il est réalisé par Peter Kassovitz, le père de Matthieu Kassovitz, qui a d’ailleurs un petit rôle dans le film. C’est donc un film américano-franco-hongrois. Il est sortit en 1999 et a été adapté d’un livre (Jurek Becker), mais aussi d’un film de 1975, Jakob der Lügner.
Pologne, 1944. Dans un ghetto, Jakob est un juif comme les autres. Il se lève tous les matins et va travailler avec les autres hommes encore en état de le faire. Un jour, il se retrouve malgré lui dehors après le couvre-feu. Il va donc être obligé d’aller parler avec un officier allemand. Par chance, (ou malchance), alors qu’il est dans son bureau, il entend des nouvelles du front à la radio allemande. Les nouvelles disent que les Russes sont en chemin et qu’ils arriveront bientôt. La fin de la guerre est donc proche. Jakob retourne au ghetto et ne peut s’empêcher de dire à son ami ce qu’il a entendu. Son ami, un peu (con) en conclue immédiatement que Jakob a une radio à lui. Rapidement, la nouvelle va faire le tour du ghetto, et tout le monde demandera des nouvelles à Jakob. Et au lieu de leur dire qu’il a entendu les informations dans les bureaux nazis, il va se mettre à inventer des histoires pour rassurer ses amis. Il deviendra malgré lui un homme respecté et admiré, alors qu’il ne fera que leur raconter des mensonges.

J’ai sincèrement eu un peu de mal à me mettre dans le film au départ. Pourtant, c’est le genre de sujet qui a l’art de m’intéresser directement. Mais ici, tout semblait un peu trop surfait, surjoué, et mis en scène. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai parlé d’un film théâtral, tout semble monté comme une pièce de théâtre, que ce soit les acteurs, les plans, les costumes, et les lumières. Même Robin Williams ne me transportait pas plus que d’habitude. Mais vers la moitié du film, j’ai commencé à me mettre dans l’histoire, et j’ai alors réussi à me prendre au jeu, et je n’ai plus du tout eu l’impression du début.
Je ne peux pas vous dire ce qui a changé, c’est comme ça, c’est tout. J’aurai pu dire que je m’attendais à un film plus dur et plus profond, mais l’affiche laisser penser que ce n’allait pas être le cas. Donc au fond, je m’y attendais. J’ai juste trouvé ça assez mal vu que les juifs soient autant en formes alors qu’ils sont censés avoir passé des années dans le ghetto. Tout à l’air un peu trop clean chez eux, on ramasse les corps, ils ont à manger… On parle juste des suicides, mais jamais des maladies. On évoque juste le fait que les chats ne sont pas bons à manger, et on sous entend que les gens ont faims, mais on les voit tous en forme, avec des tableaux, des tables etc.
Comparé au Pianiste de Polanski, j’ai trouvé que le ghetto semblait un peu trop luxueux. La détresse des personnages n’est franchement pas évidente et vu qu’ils sont censés ne rêver que de rebellion j’ai trouvé ça étrange. J’ai aussi eu un peu de mal avec le faux accent polonais de Robin Williams, et toutes les expressions juives qui sont un peu collées partout, histoire de faire plus authentique, dommage.
Evidemment et sans surprise aucune, j’ai aimé Robin Williams. Je trouve sincèrement que c’est un acteur unique et talentueux à bien des niveaux. Ici, il démontre encore une fois qu’il est capable de faire des rôles touchants et qu’il n’est pas qu’un clown. Son personnage a pourtant les deux facettes qu’on lui connaît : un côté dramatique certain, et un talent pour la comédie. Sa prestation est touchante, bien qu’elle ne vaudra jamais ses plus grands films. Et j’ai beaucoup aimé le petit clin d’œil à Good Morning Vietnam, alors que son personnage Jakob fais semblant d’allumer la radio, mais fait lui-même tous les bruits et les voix. On savait déjà que Robin Williams avait un talent d’imitateur, mais c’est toujours agréable de se le rappeler.
Ensuite, j’ai adoré Liev Shrieber qui est vraiment majestueux et extrêmement beau dans ce film. Et je parle bien au-delà d’une beauté physique. Disons qu’il en jette grave, et que je ne l’avais jamais vu avoir autant de classe dans un film (et pourtant j’en ai vu pas mal avec lui).