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IRA & Irlande | Bloody Sunday


Je suppose que pour beaucoup d’entre vous, Bloody Sunday n’est qu’une chanson de U2. Mais c’est également la musique du film, et bien sûr, elle est liée à l’histoire. Au passage, je suis ravie que le réalisateur ne mette cette chanson qu’au générique de fin, parce que j’ai une sainte horreur de ce groupe.

I can't believe the news today
Oh, I can't close my eyes and make it go away
How long, how long must we sing this song?
How long? How long?
'Cause tonight we can be as one, tonight

Broken bottles under children's feet
Bodies strewn across the dead end streets
But I won't heed the battle call
It puts my back up, puts my back up against the wall

Sunday, Bloody Sunday
Sunday, Bloody Sunday
Sunday, Bloody Sunday



Bloody Sunday est une oeuvre chaotique relatant un massacre qui eut lieu dans les rues de Dublin le 30 Janvier 1972. Lors d’une manifestation pacifique organisée par l’association des droits civiques d’Irlande du Nord, la marche tourna au bain de sang. Les manifestations étant interdites à l’époque, on aurait pu s’y attendre. Mais lorsqu’on regarde le film, on comprend que rien de tout cela n’était justifié. L’armée anglaise a paniqué, et a même ouvert le feu volontairement. Bien sur, ce que je viens de dire est facile, car je n’étais pas présente, et que je n’ai fait que regarder un film qui est tout sauf objectif. Mais quoiqu’il se soit passé, tuer des civils non armés ne devrait jamais être justifié. Bloody Sunday a reçu l’Ours d’or au festival de Berlin en 2002. Prix du public au festival de Sundance, et Hitchcock d’Or au festival du film Britannique de Dinard.

Le film est filmé comme un reportage mais sans les interviews. On pourrait imager qu’il s’agit d’une bande de journalistes qui ont choisi de rester objectifs en filmant les gens. D’ailleurs, le réalisateur Paul Greengrass est un ancien journaliste. Très impliqué dans son sujet, il fut un des premiers à interviewer des membres de l’IRA grévistes de la faim en prison. Les scènes sont enchaînées sans aucun montage apparent pour garder cet effet reportage, ce qui m’a franchement parfois dérangé, surtout au début du film. On ressent cette habitude de filmer des faits réel, et le réalisateur avait la formation nécessaire pour monter un film qui recrée toute l’intensité d’un vrai massacre.



Le film débute avec la préparation de la manifestation, puis suit la manifestation, et enfin, le massacre. J’ai trouvé ce film très bien fait dans le sens où il arrive à montrer comment une simple marche peut tourner doucement au désastre. Bien que le film soit clairement du côté des Irlandais, on y comprend la haine que peut ressentir l’armée britannique. En effet, l’armée n’est pas responsable de sa présence ici, et doit pourtant faire avec, se coltinant des insultes à longueur de journées etc.

Bien qu’on arrive à identifier quelques personnages principaux, le film privilégie davantage le destin collectif que les parcous individuels. Mais le personnage qui ressort le plus est Ivan Cooper, et la scène ou il court au secours d'une victime restera une des images cinématographiques les plus fortes de l'année 2002. Toute l'action est filmée à une certaine distance, ce qui donne cette fameuse impression de reportage. On y voit à la fois le côté anglais, puis le côté Irlandais, puis les deux réunis. Le film est d’ailleurs une production anglaise et irlandaise, et on ressent l’envie du réalisateur de nous montrer les deux parties du conflit. A partir du moment où le carnage débute, je me suis sentie extrêmement impuissante, et complètement jetée dans l’action. On s’y croirait vraiment, et le réalisme des scènes est vraiment impressionnant. On a envi de se rebeller, de protester, mais les images continuent d’arriver…

Pourquoi ? Peut-être car la plupart des figurants du film ne sont pas des acteurs mais des personnes ayant réellement vécu la tragédie. Tous ont été touchés par cette histoire et ont accepté de jouer dans le film pour le devoir de mémoire.

Bloody Sunday vaut bien des films de guerre avec les balles qui fusent, et j’ai apprécié la manière de filmer, même si un petit montage aurait été plus agréable, surtout au début. C’est un film à voir, ne serais-ce que pour son histoire, et parce qu’il est maintenant devenu un classique du cinéma anglo-saxon.

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