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IRA & Irlande | Au nom du père



Pendant tout ce temps je pensais
A mon pays qu’on a divisé
Et à moi qu’on a jeté en prison sans aucune raison, sans même un procès
Et pourtant je l’aime ce pays, l’amertume, je ne connais pas
Même si la cruauté et l’injustice règnent
Et puis un beau matin j’ai serré la main de la Liberté, et je suis parti libérer mon pays.
Et vous osez me traiter de terroriste, vous qui avez l’arme à la ceinture
Quand je pense à tout ce que vous avez fait, pillé des nations entières, divisés des pays,
Terrorisé des peuples, dirigé d’une main de fer
Et fait régner la terreur sur mes terres.


[Chanson écrite par Brian Warfield]


Tout commence avec un attentat et une musique de Bono (beurk). Puis une narration, celle de l’homme qui va nous raconter son histoire à travers la cassette qu’il donne à son avocate. C’est donc l’histoire d’un jeune homme, Gerry Conlon, qui va se retrouver malgré lui impliqué dans une affaire d’attentat. Enfin impliqué… plutôt inculpé. Gerry se fait arrêter par la police britannique sans raison valable, et se retrouve avec sa famille et quelques amis dans une prison. Sauf qu’ils sont tous innocents et qu’ils ont avoué n’importe quoi sous la torture. Le film raconte le procès de ceux qu’on appelait The Guildford Four, et parle principalement de Gerry Conlon et de son père, Guisseppe, emprisonnés à tort pendant des années.

Le film débute en expliquant très bien la vie au Royaume-Unis en 1970 : les Anglais avaient une peur bleue de l’IRA et voyaient des terroristes partout. Alors qu’une énième bombe explose, la police doit vite trouver des coupables. Le film montre bien que les policiers impliqués pensaient bien faire leur travail. Mais on réalise vite les débordements et les violences des interrogatoires qui ont été plus tard dénoncés par des commissions d’enquête.



Au nom du père dénonce les erreurs d’un système judiciaire corrompu et une des plus grosses erreurs judiciaires anglaises. Le film est une adaptation de l’autobiographie de Gerry Conlon : Proved Innocent. C’est devenu un des films les plus connus sur l’Irlande Du Nord.

Le film est à la fois une critique des évènements, mais c’est également une très belle histoire d’amour entre un père et son fils. On y découvre deux générations diamétralement opposées. La première, celle du père, un homme honnête et travailleur qui voit le bien en chacun. La deuxième, celle du fils, un petit délinquant qui estime que son père est une victime qui a été malade toute sa vie et qui n’a jamais eu la force de se battre. Malgré les conflits et des idées différentes, Gerry va apprendre à découvrir son père et va finir par grandir. J’ai personnellement adoré tout ce côté du film, où la déception et la douleur du père sont vraiment très touchantes et très bien vues.

Les acteurs font un travail remarquable dans tous les aspects de leurs personnages. Pete Postlethwaite qui joue le père, a une tristesse dans son visage qui en dit très long sans avoir grand-chose à dire. C’est son rôle qui m’avait le plus marqué lorsque j’ai vu ce film pour la première fois, et il me sidère toujours à chaque nouveau visionnage. Dans le rôle du fils, Daniel Day-Lewis, toujours parfait comme dans tous ses films. Outre le fait qu’il est presque aussi craquant et magnifique que dans Le Dernier des Mohicans, il se promène devant la caméra avec une aisance et un charisme presque agaçant car véritablement parfait. Au nom du père est également un message politique, dénonçant la violence de l’IRA et le fanatisme de certains de ces membres. D’ailleurs, le personnage qui incarne l’IRA dans ce film est lui aussi vraiment très bon. Il est joué par Don Baker, qui n’a quasiment rien fait depuis. Ce mec aurait pourtant pu faire des superbes méchants dans les films…Et pour finir le casting, Emma Thompson, fidèle à elle-même : cool à regarder, mais pas au point de lui filer un premier rôle. Elle reste bien dans le film, mais sa tête qui fait toujours la moue commence sérieusement à m’énerver…

C’est donc un film qu’il faut absolument voir si ce n’est pas déjà fait. Les acteurs sont vraiment tous géniaux, la réalisation aussi, l’écriture, le message, et même la musique !! Même si j’ai du mal avec Bono, les autres musiques sont vraiment classes : Bob Dylan, Jimi Hendrix, Gavin Friday, The Kinks, Thin Lizzy, Bob Marley etc…

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