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Wristcutters

Tout commence par…un suicide. Celui de Zia (Patrick Fugit), après avoir rompu avec sa petite amie.

I think she cried at my funeral. I don’t mean to brag about it or anything, but I’m pretty sure she did.

Zia se retrouve alors dans ce qu’on pourrait appeler l’enfer, sauf que tout ressemble à notre monde. La seule différence est que tous les gens qui y vivent sont des suicidés, et qu’ils ne peuvent pas sourire. Il trouve un job, un appartement, et traîne dans les bars. Il rencontre Eugene (Shea Whigham), un musicien russe qui s’est suicidé sur scène. Puis il rencontre Mikal (Shannyn Sossamon), une jeune femme qui elle affirme qu’elle ne s’est pas suicidée. Des rumeurs circulent comme quoi il y aurait des hommes en blancs qui seraient responsables de l’organisation de cet enfer. Les trois personnages se mettent en quête de ses hommes afin que Mikal puisse plaider sa cause et éventuellement quitter ce lieu.

J’ai découvert ce film un peu par hasard en m’intéressant à la filmographie de la femme de ma vie, Shannyn Sossamon (Chevalier, 40 jours 40 nuits, Les lois de l’attraction). Et quelle jolie surprise !!

Le film reste très simple tout en abordant le sujet du suicide avec une légèreté qui fait du bien au cœur. Le rythme est celui de l’errance, un On the Road de Kerouac avec des suicidés. Le monde dans lequel les personnages évolue pourrait faire penser à celui de la série Dead Like Me, mais en version monotone. Car oui, c’est une manière de dire que se suicider ne règle rien, et qu’on se retrouve dans un endroit encore pire qu’avant. Au-delà d’une éventuelle morale religieuse, le film est rafraîchissant au possible. L’ambiance noire-glauque-mais-belle est le style que j’adore voir dans les films. On se laisse glisser le long du film sans aucun problème. Et le côté ‘mort’ donne un petit côté ésotérique à l’histoire, ce qui n’est pas pour me déplaire. Ca, et le trou noir qu’ils sont censés avoir dans leur voiture et qui aspire tout ce qui tombe dedans, petit clin d’œil au fait de toujours perdre des conneries sous le siège des voitures. Dans leur road trip, Zia, Mikal et Eugène vont se retrouver dans une petite communauté de gens étranges et magiques qui semblent s’être installés dans un lieu encore plus étrange que d’habitude. Tout reste pourtant très simple, mais j’ai adoré chaque minute de ce film. Y’a aussi plein de petites touches d’humour, mais ça je vous laisserai l’apprécier si vous décidez de le voir. Et comme j’ai l’art d’adorer des films qui sont tirés de bouquins, celui-ci n’est pas une exception. C’est une adaptation d’une nouvelle d’un célèbre auteur israélien : Etgar Keret : Kneller’s Happy Campers.

Ce film aurait pu être un simple film sur un road trip, sur une amitié entre plusieurs personnages, sur une rencontre amoureuse. Et ça l’est, au fond. Le contexte n’est qu’un prétexte intéressant. Ou pas. La relation entre Mikal et Zia est magnifiquement bien filmée. Les flash-back de Zia et sa petite amie aussi. Le charme des films en 35mm… Le personnage d'Eugene est inspiré d'Eugene Hutz, du groupe gypsy-punk Gogol Bordello, dont certaines chansons sont reprises dans le film. (Allociné)

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