
En 1993 à West Memphis, Arkansas. Trois jeunes garçons de 8 ans sont assassinés : Steve Branch, Michael Moore (non pas le réalisateur) et Christopher Byers. Pas moins de 11 heures après la découverte des corps, trois jeunes adolescents sont arrêtés et accusés à tort. Leur noms : Damien Echols (18 ans), Jason Baldwin (16 ans) et Jesse Misskelley (17 ans). Il leur faudra 18 ans pour sortir de prison et prouver enfin leur innocence.
J’ai choisi de vous parler de cette affaire car elle gagne à être connue. J’ai également voulu vous en parler à cause de la place que le support vidéo a pu avoir dans leur quête de justice. En effet, pas moins de quatre documentaires sont sortis dessus, à des périodes différentes. J’ai vu le premier documentaire il y a quelques années et j’ai moi aussi suivi l’affaire de très près. C’est une histoire à la fois révoltante, touchante, mais c’est surtout une histoire vraie. 
Les victimes
Comment prouver son innocence lorsqu’on vous a jugé coupable et que personne ne veut chercher plus loin ?
I. Paradise Lost : The Child Murders at Robin Hood Hills (1996)
Réalisé par Joe Berlinger et Bruce Sinofsky, ce premier documentaire n’est sorti que quelques temps après la fin du procès. Il contient toute l’affaire connue à l’époque : les images du procès, les interviews des familles des victimes, des familles des condamnés, mais aussi quelques témoignages des condamnés eux-mêmes.
Paradise Lost éveille ce dégoût de l’injustice et de nos jours, cela semble dingue que des jeunes innocents puissent se retrouver accusés et condamnés sans aucune preuve contre eux. On découvre les différentes personnalités des personnes impliquées : le procureur, les victimes, les accusés, les avocats. Le film nous laisse avec un doute, voire une conviction sur les trois jeunes qui ont été arrêtés : est-ce vraiment les coupables ? Ou est-ce juste totalement absurde ? Car effectivement, en regardant le procès, on a vraiment l’impression qu’ils avaient juste besoin de trouver des coupables, et que les jeunes ont été condamnés parce qu’ils écoutaient du Rock et du Métal. Effectivement, ils ont cherché à démontrer que les meurtres avaient été commis d’une manière rituelle Sataniste. Tout ça en se basant sur leurs goûts musicaux et sur un journal avec un symbole de Wicca (qui n’a d’ailleurs rien à voir avec le Satanisme). Mais ce n’est qu’une partie du procès, évidemment. C’est juste un passage que j’ai retenu car il me semblait vraiment complètement délirant. Les documentaires utilisent d’ailleurs énormément la musique de Metallica, groupe queDamien appréciait à l’époque.
Alors comment peut-on arriver à condamner des adolescents innocents en ne se basant que sur des conneries ? Il faut savoir que tout s’est passé dans une petite communauté en Arkansas et là-bas, la religion tient une place très importante : ils sont très conservateurs et ont une vision de la magie assez particulière. Ce qui explique l’impact qu’a eu ce genre de « preuve » au procès. Mais tout de même. Il faut savoir qu’à l’époque il n’y avait pas non plus de tests ADN, et que l’enquête avait été bâclée dans le but que cette affaire ne dure pas trop longtemps. L’autre problème étant que beaucoup d’avocats et le procureur ont construit leur carrière sur cette affaire : difficile pour l’État de l’Arkansas de revenir en arrière et de dire qu’ils se sont trompés…
La sortie du documentaire a eu pour effet de créer une masse médiatique autour de l’affaire aux États-Unis : tout le monde se sentait concerné d’une façon ou d’une autre. On pourrait même dire que c’est ce qui les a sauvés. En effet, des célébrités se mettent alors à les aider (Johnny Depp, Eddie Vedder) pour faire connaître leur histoire, avoir des fonds pour leur défense, et les sortir de là. Tout cela après avoir vu le documentaire : tout le monde, ou presque, semble croire à leur innocence. Parmi ces célébrités : Peter Jackson et sa femme Fran Walsh, qui se sont beaucoup impliqués dans l’affaire pendant 4 ans et ont aidé l’enquête en engageant des experts en criminologie et en aidant la défense financièrement. Grâce à eux, une trace ADN d’une nouvelle personne a été trouvée, 10 ans après le premier procès.
Il aura pourtant fallu 18 ans pour enfin démontrer la vérité et les sortir de prison. 18 années pendant lesquelles Damian Echols a vécu dans le couloir de la mort. Le plus dingue dans l’histoire était que les trois jeunes avaient des alibis. Le procès n’aurait jamais eut lieu de nos jours : tout était basé sur la moralité de l’époque, sur l’émotion forte provoquée par l’affaire, et sur des preuves inexistantes.
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Les accusés
II. Paradise Lost 2 : Revelations (2000)
Ce deuxième documentaire est donc sorti en 2000, et l’affaire a débuté en 1993.
Depuis la sortie du deuxième documentaire et l’aide extérieure, Damien Echols a pu faire embaucher des spécialistes de l’ADN qui sont allés chercher des traces sur les preuves de l’époque qui n’avaient pas été testées. Le but était d’avoir un nouveau procès qui pourrait prouver leur innocence grâce à la technologie moderne. Une trace ADN est alors identifiée, celle de Terry Hobbs, le beau-père de l’un des enfants assassinés. Mais la police de l’Arkansas ne considère pas qu’il peut-être un suspect… Un nouveau procès fut refusé, mais une audience leur fut accordée en décembre… 2011.
III. Paradise Lost 3 : Purgatory (2011)
Paradise Lost 3 débute avec des images de l’époque où l’on a retrouvé les corps… avec les vidéos de police de l’époque (donc les images des enfants morts). Il retrace les derniers évènements de l’affaire et suit l’évolution des sentiments des familles des victimes. Certains restent sur leurs positions, mais certains sont passés de leur côté et sont maintenant convaincus de leur innocence. Des manifestations ont lieu, beaucoup de lettres sont envoyées chaque jour aux prisonniers : tout le monde veut les voir sortir. Tout le monde, sauf l’État d’Arkansas, et quelques autres personnes. Les demandes d’appel sont constamment rejetées… Jusqu’à ce que la pression médiatique devienne trop forte et qu’un accord ait lieu.
Après avoir passé 18 ans en prison, les trois condamnés ont pu enfin sortir de prison, mais pas de la manière dont on s’attendait. En effet, l’État d’Arkansas a voulu éviter de reprendre le débat sur l’innocence ou la culpabilité de Damien, Jason et Jesse. Ils leur ont alors fait une proposition scandaleuse : plaider coupable tout en disant qu’ils sont innocents. En échange, l'État de l’Arkansas les libère en estimant que leur peine de prison a été faite. Du grand n’importe quoi. Pourtant, les West Memphis Three n’ont pu qu’accepter cette offre : c’était la seule occasion qu’ils avaient de sortir enfin de prison. De plus, Damien Echolsétait dans le couloir de la mort, le choix de plaider coupable était aussi une manière de le sortir de là. Quoiqu’il en soit : ils sont enfin sortis. Et tout le monde, eux y compris, trouve cela injuste et intolérable que la justice leur ait demandé de plaider coupable tout en admettant leur innocence en même temps. Le plus gros problème dans l’histoire est que le véritable tueur n’a jamais été arrêté. Et que la justice ne fait rien pour changer cela…
Les West Memphis Three ont annoncé qu’ils allaient continuer l’enquête une fois sortis de prison : ils ne laisseront pas tomber. Ils sont certes libres officiellement, mais ils ne sont toujours pas reconnus innocents, alors que toutes les preuves les innocentent.
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IV. West of Memphis (2012)
Ce dernier documentaire n’est pas encore sorti partout, je n’ai donc pas encore pu le voir. Mais il est réalisé par Amy Berg, qui a réalisé le documentaire : Deliver Us from Evil, dont je vous avais parlé. Il est produit entre autre par Peter Jackson et parDamien Echols. Elle reprend ici un sujet fort, et je suis curieuse de voir ce que ça va donner, étant donné qu’il s’agit d’un sujet que je commence à bien connaître ! J’espère que cet article vous donnera envie de vous intéresser à ces films, et peut-être à aller voir celui-ci lorsqu’il sortira. West of Memphis fait partie de la sélection officielle au Festival de Sundance et au Toronto Film Festival.
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Le site majeur sur les West Memphis Three ici.