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Raising Cain (1992)

 

L’esprit de Caine aka Raising Caine est un film de Brian de Palma sortit en 2002. C’est un film déroutant qui fut pour moi une découverte étonnante, étant donné que je n’avais jamais entendu parler de ce film. Pourtant… un grand réalisateur allié à un acteur que j’adore, j’aurai du tomber dessus plus rapidement. Mais c’est toujours agréable de découvrir des bons films, alors peut importe. Raising Caine raconte l’histoire d’un psychologue réputé, Carter Nix (John Lithgow), qui réalise que sa femme le trompe. Jusque là, rien de bien original. Mais l’intéressé s’avère avoir un trouble sévère de la personnalité : il a des personnalités multiples. (Bien plus complexe que la schyzophrénie). Pour ceux qui ont vu la série United States of Tara, c’est à peu près le même délire, mais en plus poussé et beaucoup plus sombre. A côté de ça, une des personnalités de Carter kidnappe des enfants et les amène à son père, psychologue également. Le but du père, qu’on ne voit presque jamais dans le film, est de continuer ses études comportementales, études qu’il avait commencé sur son propre fils. Plusieurs histoires donc, mais qui tournent toutes autour du personnage de Carter et de ses « alters », ses doubles.

Un sujet complexe réalisé par Brian de Palma, sympathique non ? Je dois avouer ne pas m’être attendue à un film de ce genre. La jaquette du DVD ressemble plutôt à un film d’horreur, de meurtre, ou un film assez violent et sadique psychologiquement. Mais il n’en est rien. Le film est assez lent à démarrer, et bon nombre de scènes auraient pu être évitées. Pourquoi ? Simplement parce qu’il n’y a pas réellement de suspens à entretenir et que l’on sait immédiatement qu’il s’agit d’une  histoire de personnalité multiples. En cela, le film se perd un peu en explications trop longues, au point qu’on a le sentiment qu’on prend quelque peu le spectateur pour un abruti. Mais lorsqu’on passe aux scènes intéressantes, c’est à dire les scènes qui se basent uniquement sur Carter, le film redémarre, et notre attention avec.  J’ai sincèrement eu du mal à accrocher au début du film, mais j’ai vite changé d’avis. Car au delà de ses quelques longueurs, le film est un chef d’œuvre pour ce qui est du jeu d’acteur. Et ça tombe bien, vu qu’il repose entièrement là dessus.

J’aimerai profiter du fait que je parle de ce film pour rendre un petit hommage à l’acteur principal : John Lithgow. Ce grand bonhomme ne cessera jamais de m’épater. Je l’ai connu pour ma part dans l’excellente série Third rock from the sun , comédie éclatante ou il montrait déjà ses multiples talents. Plus tard, il fit son come-back à la télévision en s’attaquant à un rôle a des années lumière de l’autre : celui du Trinity Killer dans Dexter. Ce rôle fut un léger choc, moi qui avait l’habitude de voir cet acteur dans un rôle léger. Mais après Raising Caine, je sais maintenant pourquoi ils ont pensé à lui. John Lithgow, c’est un acteur au physique difficile (très grand, atypique) que l’on pourrait considérer comme caméléon. Car il sait véritablement tout jouer à la perfection : il a autant sa place dans une pub pour les enfants qu’en tueur en série. Il peut interpréter un personnage sexy alors qu’il ne s’en approche pas. Il peut faire rire, pleurer, frissonner. Mais ce qui est le plus impressionnant, c’est la vitesse à laquelle il arrive à changer son visage, ses expressions, sa voix, et donc ses personnages. Tout est juste, puissant, et propre à l’acteur. Et si Raising Cane est un peu l’apothéose de sa carrière, c’est parce que Brian de Palma a su exploiter son talent.  Alors, John Lithgow se retrouve  à jouer non pas un, mais cinq personnages.

De nos jours, le thème des personnalités multiples a déjà été pas mal exploité. Mais Raising Caine ne joue pas sur un twist ending ou une fausse impression de surprise. Chose que j’ai apprécié. Mais j’ai eu l’impression que le scénario manquait un peu de profondeur par moments. L’histoire est intéressante, mais ce n’est pas la partie la plus intéressante qui est développée. Dommage. J’aurai préféré voir l’histoire de Carter et de son père, ou même voir l’histoire du côté du père. Ce genre de choses. Car ce qui compte dans le film, c’est la psychologie et son impact sur le héros. Pas le reste.

 

Quoiqu’il en soit, Raising Caine reste un film décalé et intéressant. Il faut juste prendre sur soi pendant le bla bla inutile de certains personnages secondaires et se focaliser sur John Lithgow, grandiose, et tout en finesse. Une jolie découverte.

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