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The American



Anton Corbijn était à l'origine un photographe de talent qui a photographié quasiment tous les plus grands artistes (Johnny Cash, Bob Dylan, Björk, Bowie, mais aussi Clint Eastwood, Spielberg etc...). En 2007, il réalise son premier film: Control, film sur lequel j'avais écrit il y a quelques temps, sur la vie de Ian Curtis, le chanteur de Joy Divison (qu'il a également photographié à l'époque d'ailleurs). Après un film sur les chansons d'un album de U2, il signe ici son premier film de fiction: The American. Adapté d'un roman de Martin Booth intitulé "A Very Private Gentleman", il développe son amour des belles image afin d'offrir un peu de mouvement en plus. Le film est pour moi une réussite qui malheureusement, n'est pas assez citée par les critiques. La raison? L'absence de promotion de la part de l'équipe et surtout de l'acteur principal: George Clooney. Pourquoi? On se le demande. Car des films comme The American sont plutôt rares sur nos écrans. Bien qu'il ait fait un gros flop aux Etats-Unis et qu'il soit bien partit pour se casser la gueule en France, c'est un film fort intéressant à bien des points de vue. On y retrouve la poésie, l'ambiance et le rythme de l'excellent Bon Baisers de Bruges sauf qu'ici, tout se passe dans un petit village en Italie.

The American c'est Edward, un tueur à gages bientôt à la retraite qui n'a pour autre choix que de s'exiler en Italie pour se faire un peu oublier. En attendant, on va lui confier une mission plutôt simple: fabriquer une arme pour une jeune tueuse. Ainsi, il pourra travailler tout en restant tranquillement dans un petit village Italien ( dans les Abruzzes) , et sans se salir les mains. Dans ce film, trois femmes. Trois femme qu'Edward va aimer de différentes façons, mais ce film n'est pas une histoire d'amour pour autant. Le personnage principal, c'est lui, et lui uniquement. La première femme est la compagne d'Edward au début du film et est interprétée par Irina Björklund. Le début du film en soit est un des débuts les plus fracassants que j'ai pu voir dans un film, et j'ai vraiment adoré. La deuxième femme est interprétée par Thekla Reuten (le rôle de la tueuse qui va travailler avec Edward). Puis, enfin, le rôle d'une prostituée, celle qu'on verra le plus à l'écran: Clara (Violante Placido, très belle actrice Italienne).



Le film en soit, je n'ai pas envie de vous le raconter, parce que je suis allée le voir sans connaître l'histoire et ce fut une très belle surprise. C'est le style d'oeuvre qui est agréable à voir lorsqu'on se mets dans le rythme et qu'on ne s'encombre pas du scénario: tout est très beau, très précis. C'est un film de détail, de regards, de gestes, et même les scènes de sexe (ou plutôt la scène) prennent une dimension différente et presque irréelle. C'est véritablement un cinéma de photographie pure: tous les cadres (ou presque) sont parfaits et différents ce qu'on a l'habitude de voir. Les lumières sont extraordinaires, surtout lors d'une scène de poursuite dans les rues du petit village. La violence est elle aussi présente mais en fin de compte, elles sont tellement rapides et directes qu'on en a jamais marre, qu'on est toujours surpris sur la façon dont le film évolue. On est très loin d'Hollywood et des gros films sur les tueurs en série. Malgré la présence de George Clooney à l'affiche, le film n'a rien avoir avec ce qu'il fait d'habitude, et c'est plutôt rafraîchissant. 

The American est le style de film dont on passe à côté sans même réaliser qu'on passe à côté de quelque chose de bien. Je prend donc un peu de temps pour vous en parler et vous conseiller d'aller le voir. Il joue habilement avec l'apparence de Clooney et arrive à lui donner une mélancolie profonde sans avoir à le faire parler ou à lui inventer un passé de dépressif ou d'alcoolique. Non, le personnage de Clooney est classe et a toujours l'esprit vif, sans en faire des caisses, ce qui offre de jolis retournements de situation. Chaque relation entre les personnages est vraiment bien vu, encore une fois original tout en restant dans des "codes" scénaristiques (la prostituée confidente mais dont on fini par se méfier, le patron, la tueuse). Tous les personnages évoluent autour de celui d'Edward ce qui a pour effet qu'on reste toujours fixé sur lui, quoiqu'il advienne. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le personnage du prêtre, homme en apparence sage et qui représente bien le village Italien: calme, mais plein de secrets. Un très 'beau' personnage parmi tant d'autres... Et là encore, George Clooney montre qu'il sait porter un film sans que celui-ci ne soit bourré de stars ou doté d'un budget faramineux.

"On dirait que le personnage principal a trimbalé dans ses bagages (il voyage en train, pour éviter les contrôles dans les aéroports), l'hiver scandinave des premières séquences. La lumière est souvent saturée, presque blanche, les teintes étouffées et le tueur à gages errant cherche désespérément à faire renaître un peu de vie dans cet univers mortuaire. La métaphore est jolie. Elle est assez fidèle à l'atmosphère du roman de Martin Booth qui mettait pourtant en scène un tueur très britannique." (Le Monde)

Ce film fut donc une très bonne surprise et je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, je l'ai déjà dit et le redis encore, The American, c'est vraiment très proche de Bon Baisers de Bruges, avec moins d'humour et plus de sérieux, mais ce qui ne le rend pas moins bien pour autant. Il n'a pas reçu de très bonnes critiques et j'en suis étonnée, mais je resterai sur ma position: moi, j'aime. J'ai donc hâte que le réalisateur reste dans le cinéma, pour réaliser encore plein de films de cette qualité....

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