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Tarsem Singh 2/2: The Fall



The Fall est le deuxième film de Tarsem Singh, et reprend plusieurs thèmes qu'on pouvait avoir dans son film précédent: The Cell. On y traite le rêve, mais surtout l'imagination, les souvenirs d'enfance, le besoin de s'échapper dans un autre monde, les chevaux, le symbolisme, les contes.

L'histoire est pourtant loin de la science fiction et est celle d'un jeune cascadeur des années 20, Roy Walker (Lee Pace), qui se retrouve cloué sur un lit d'hôpital après un accident. Il souffre beaucoup et s'ennuie ferme dans sa chambre, d'autant plus qu'il doit la partager avec les autres patients. Un beau jour, un petit mot arrive en volant par sa fenêtre. Le mot ne lui était pas destiné et s'est envolé par erreur, et son propriétaire ne tarde pas à faire éruption dans sa chambre. Son nom est Alexandria (Catinca Untaru), et c'est une petite fille d'une dizaine d'année. Elle aussi est malade: elle a un bras dans le plâtre. Roy, intrigué par la petite fille, lui fait promettre de revenir le voir le lendemain, et lui promets de lui raconter une histoire épique si elle le fait. Evidemment, la petite revient, piquée de curiosité, et Roy tiens sa promesse. Il commence donc par lui raconter l'histoire de 5 héros: un guerrier Indien, un ancien esclave, un Italien spécialiste des explosions, un homme appelé Darwin qui est en compagnie d'un singe, et un mystérieux bandit masqué.

Au fur et à mesure que l'histoire se raconte, nous l'avons qui se créer sous nos yeux, et le film balance donc entre la réalité: l'hôpital (morne, fermé, aux couleurs sombres) et le conte: immense, lyrique, esthétique, aux couleurs tellement vives qu'elles en sont irréelles. Rapidement, on comprend que Roy adapte son histoire à la petite fille selon ce qu'elle dit, ce qu'elle attend qu'il se passe, ou sa propre histoire. La petite fille se laisse prendre au jeu, intervient tout le temps pendant l'histoire, et ils écrivent donc tout ça ensemble, sans vraiment s'en rendre compte. Le personnage du bandit masqué se transforme rapidement en Roy, et chacun y ajoute ses déceptions, son passé, son futur. L'histoire devient pour les deux une raison de se retrouver tous les jours et d'alléger un peu leur douleur en s'imaginait une vie plus épique, plus belle, ou chacune de leur actions seraient extraordinaires.

The Fall, le titre, fait référence à la raison pour laquelle l'homme est à l'hôpital: il est tombé de cheval lors qu'une cascade qu'il devait tourner. Le film date de 2006 et est étrangement passé inaperçu. Il est inspiré du scénario d'un film de 1981 appelé Yo Ho Ho, de Valeri Petrov.



Moi qui avait adoré The Cell du même réalisateur, ce film là m'a encore plus bluffée. Loin de la SF de son premier film, Tarsem Singh arrive toutefois à retrouver les thèmes et l'esthétique qu'il avait mis en place depuis longtemps. Absolument chaque image de ce film pourrait être une photographie, et c'est une des raisons pour laquelle je l'aime autant. Il y a aussi quelque chose qui est vraiment rare et qui se retrouve dans beaucoup de films que j'apprécie, c'est la relation de l'adulte à l'enfant, et cette destruction de barrière entre les deux âges. L'homme raconte l'histoire, la petite suit, et en fin de compte c'est elle qui va lui en apprendre beaucoup sur lui. C'est elle qui va le faire grandir par son innocence, et c'est lui qui va se retrouver pris à son propre piège, voyant son passé analysé dans le conte qu'il a lui-même créer. Ce film est bourré de petits détails qui ne semblent pas être grand chose quand on y réfléchi, mais ce sont ces détails qui m'ont fait tilté sur la profondeur du film: toutes ces petites choses et ces petits jeux relatifs à l'enfance que beaucoup ont oublié. Mettre ses doigts en cercle devant les yeux, ou s'amuser des ombres, etc etc...

C'est ce genre de choses qui rapproche étrangement ce film de tous ceux que j'ai pu adorer: Mirrormask, Tideland, Le Labyrinthe de Pan....Si vous avez aimé ces films là, vous ne pouvez qu'adorer The Fall. Car ce film est...WOAH. Lee Pace aka Pushing Daisies est touchant, beau, profond, et arrive à élever le film à sa juste place: tout au sommet. La petite fille est vraiment bien trouvée avec son petit accent des pays de l'est, un superbe casting pour un superbe film.

Les décors du conte sont extraordinaires, et la plupart se trouvent en Inde, notamment au Taj Mahal (balèze !). On retrouve l'immensité du désert qu'on avait déjà dans The Cell, et cette capacité à perdre ses acteurs dans des décors tellement grands qu'ils disparaissent presque. TOUTES les idées sont brillantes, mais surtout ORIGINALES. J'ai vraiment jamais vu les 3/4 des éléments des films de Tarsem Singh ailleurs, et ça fait du bien.

Bref, je vous conseille vivement de voir ses films, ne serais-ce que parce qu'il n'en a fait que deux (et un troisième en préparation), et parce que je trouve qu'il est bien trop méconnu du grand public. Tout ça est bien dommage, parce que moi je tuerai pour voir plus de films aussi beaux et créatifs. Legendary.

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