
Je n’y connais absolument rien en film Indien et c’est le premier film sérieux qui m’a été donné de voir. Je suis donc ravie d’avoir choisi celui là, vu que c’était un très bon film comme je les aime.
Heaven on Earth aka Le Paradis sur Terre nous plonge dans l’univers difficile des mariages arrangés. On découvre la vie difficile et bouleversante de Chand (Preity Zinta), qui quitte l’Inde pour aller se marier avec un homme qu’elle n’a jamais vu, au Canada. Là bas, elle est forcée de travailler à l’usine pour gagner de l’argent dont elle ne verra jamais la couleur. Battue et enfermée dans une famille unie qu’elle ne connaît pas, elle va devoir apprendre à rester à sa place et à obéir à sa belle mère. Pourtant, elle s’accroche et fait de son mieux pour contenter son mari. Elle apprend le silence, et sombre petit à petit dans la folie.
Le film bascule doucement dans le fantastique, et le spectateur se retrouve plongé dans l’imaginaire d’une légende indienne, qui semble pourtant prendre une forme bien réelle dans le film. Quand je dis que Chand bascule dans la folie, c’est un sacré raccourci. Disons qu’elle s’imagine devenir folle, elle a une étrange vision d’un homme ressemblant à son mari, mais qui clairement n’est pas son mari. Sauf qu’elle ne le comprend que trop tard. En même temps, un serpent fait son apparition aux alentours de la maison. Chose étrange car ce genre de serpent n’existe pas au Canada. On se doute rapidement que le serpent et l’apparition de l’homme sont la même entité. Alors, Chand devient elle dingue ? Ou le serpent est vraiment là pour l’aider dans son périple….
Je vous laisse en juger si vous décidez de regarder le film. Personnellement, j’ai vraiment adoré. Autant l’ambiance que les acteurs. Le sujet du film fait mal, surtout lorsque Chand garde l’espoir d’un mariage heureux et qu’elle fait tout pour que son mari tombe amoureux d’elle, alors même qu’il passe son temps à la frapper. On découvre la vie difficile d’une famille Indienne ou tout le monde dort dans une seule et même maison. Les enfants se mêlent avec les grands parents, les frères avec les cousins etc. On comprend à quel point c’est difficile de débarquer dans une famille inconnue. On comprend la dureté des traditions Indiennes/Asiatiques comme le respect des anciens. La belle-mère dans le film est jalouse de la nouvelle femme et fait donc tout pour lui rendre la vie insupportable. C’est même elle la cause principale des malheurs de Chand.
Le film est réalisé par Deepa Mehta, une indienne résidant au Canada. Elle a fait entre autre la trilogie : Fire (1996), Earth (1998) et Water (2005). Elle réalise avec brio un mélange de film moderne et de film Indien. Le film est donc accessible à un large public, même si le thème des droits de la femme a profondément choqué l’Inde, rendant la réalisatrice impopulaire dans son pays.
Le personnage de Chand est magistralement interprété par Preity Zinta (qui a eu un prix d’interprétation) dans ce portrait de femme rêveuse qui se raconte des histoires pour s’imaginer une vie meilleure. Elle s’enferme tellement dans ses contes qu’ils finissent par prendre forme. Ces jolies scènes rendent les autres encore plus insupportables, surtout celles ou Chand se fait frapper par son mari. Le mari a un rôle lui aussi très bien construit, et on comprend bien qu’il frappe sa femme pour faire plaisir à sa mère et pour se rassurer sur lui-même. Il sait qu’il ne réussit pas sa vie et se venge donc sur des personnes innocentes.
C’est donc un bon film, qui m’a plongée dans une ambiance pesante et glauque mais qui m’a tout de même fait plaisir. Le film a un rythme très lent mais cela ne m’a pas dérangée. Il puise sa force dans la mélancolie comme beaucoup de films indépendants, et moi j’adore ce genre de film.