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Control

When you look at your life, in a strange new room, maybe drowning soon, is this the start of it all?
-Ian Curtis



Le noir et blanc est la couleur du rock. Telle une belle photographie, le film Control(2007) nous balance en pleine gueule des grands moments de rock'n'roll. Après David Bowie, Lou Reed et Iggy Pop, le rock a connu un autre grand nom : Ian Curtis.

Ian Curtis, qui ça? Le grand chanteur du groupe Joy Division. Et ce film est un rockumentaire sur sa vie. Ou plutôt un biopic, car ce n’est évidemment pas Ian Curtis dans le film, mais un jeune acteur talentueux : Sam Riley. Le film est inspiré de la biographie de Ian Curtis écrite par sa femme, Deborah.

L’histoire est très simple et il est presque inutile de la raconter pour ceux qui connaissent les paroles de Joy Division. Ian Curtis, sa vie, les débuts de Joy Division, son mariage, sa fille, sa maîtresse, le déclin du groupe. Puis, les problèmes de santé de Ian, jusqu’à son suicide, en 1980.

La veuve de Ian Curtis est co-productrice du film, et c’est peut-être une des raisons pour laquelle on comprend la douleur de cette femme à travers le film. Ian semblait être un jeune homme un peu trop passionné qui a tout donné pour la musique. La force du film réside dans le fait que toute la vie de Ian Curtis est illustrée à travers les paroles de ses chansons, qui prennent soudain un sens évident. Ce parallélisme avec les chansons va jusque dans le titre du film : Control, en référence à la chanson la plus connue de Joy Division : She’s lost control.

Ce n’est pas un hasard que le réalisateur (Anton Corbijn) soit un photographe de rock, ni qu’il ait également réalisé de nombreux clips, notamment pour Depeche Mode. Le film est une belle photo en mouvement, et bons nombres de plans pourraient se retrouver dans un bel album.

Les prestations sont excellentes, autant au niveau du jeu d’acteur que des performances musicales. Sam Riley est tellement bon avec ses petits airs à la Pete Doherty que, pour moi, il est même meilleur que le vrai Ian Curtis. Évidemment, les nouvelles technologies permettent de faire une meilleure image et un meilleur son qu’a l’époque, mais sa voix est…meilleure ? Je vous laisse en juger dans cet extrait musical du film.

A la fin de cet extrait on découvre au passage le problème qu’avait Ian Curtis. La drogue. Non, l’épilepsie. Cette maladie va à la fois lui couter sa vie et son énergie. Mais c’est cette maladie qui va également le rendre célèbre. Bien sur, Joy Divisionest célèbre pour sa musique, mais aussi pour la fameuse danse de l’épilepsie. Cette manière étrange que Ian Curtis avait de bouger les bras sur scène…et ses crises.

Il n’y a pas grand-chose à dire sur le film si ce n’est qu’il est merveilleusement bien filmé et que c’est rare de ressentir une telle émotion autant dans les passages musicaux que dans les autres. Vous n’aimez pas Joy Division ? Ce n’est pas grave, ce n’est pas nécessaire. Car le film est avant tout une histoire de rock, une histoire sur la jeunesse, et une histoire d’amour.

Et même moi qui à la base n’étais pas fanatique de la musique de Joy Division, j’en suis sortie…curieuse de la redécouvrir.

I wish I were a Warhol silk screen hanging on the wall. Or little Joe or maybe Lou. I'd love to be them all. All New York's broken hearts and secrets would be mine. I'd put you on a movie reel, and that would be just fine.

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs du 60e festival de Cannes (2007), Controla obtenu la mention spéciale de la Caméra d'Orle prix Regards Jeunes, Le Label Europa Cinéma et une mention spéciale du label Art et Essais.

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