
Wall Street: l'argent ne dort jamais est la suite du film du même nom (Wall Street- sortit en 1987 et réalisé par Oliver Stone). Ici, on ne pourra pas dire qu'on prend les mêmes et qu'on recommence: Michael Douglas reprend certes son rôle, mais c'est une équipe plus jeune qui va l'encadrer, redonnant un peu d'énergie à un vieux film et à un personnage qu'on avait oublié. N'ayant pas vu le premier "Wall Street", je ne pourrai donc pas vous faire de comparaison. Mais je peux vous dire que le deuxième se regarde sans avoir besoin d'avoir vu celui de 1987. Et que malgré une histoire difficile à apprécier, le film reste agréable à regarder.
L'histoire se passe à New York pendant le crash boursier de 2008. Gordon Grekko (Michael Douglas), sort de 20 ans de prison pour des histoires de trafic d'argent. Gordon est un spécialiste de la bourse et va "croiser" le chemin de Jacob (Shia LaBeouf), un jeune trader, qui n'est autre que le petit ami de sa fille. Il va indirectement le prendre sous son aile et lui apprendre les "dessous" du métier, et va en fin de compte le manipuler et en faire un peu ce qu'il veut. Dans ce film, tout le monde joue avec tout le monde et on ne sait plus vraiment ou donner de la tête. Ce qu'on retiendra c'est que la Bourse est un monde de vautours: certains sont là pour l'argent, d'autres pour le jeu, mais peu sont sincères et réglos. Il y a également la fameuse histoire d'amour inévitable entre Jacob et la fille de Grekko. Est-ce que Jacob va devenir comme son beau-père: un maniaque de l'argent et de la bourse? Est-ce qu'il va réussir à allier travail et amour? Comment va-t-il gérer la pression de son travail et la faillite de sa boîte? Suspens suspens...
Wah Shia, tu joues vachement bien....
Je n'ai jamais été une grande fanatique d'Oliver Stone, mais je dois bien avouer que ce film a réussi l'exploit de me faire passer un bon moment tout en traitant d'un sujet que je trouve plus que barbant. Assez proche du Trader avec Ewan Mc Gregor, le film parvient à accrocher le spectateur par une histoire romancée, alliée à une histoire d'amour un peu bateau, et quelques petites références au premier film. (ex: Charlie Sheen qui a une petite scène). Pour ma part, la principale raison que j'avais d'aller voir le film était Shia LaBeouf, jeune acteur que j'apprécie grandement malgré ses choix de carrière un peu étranges (cf: Transformers). Mais bon, il a encore une fois démontré qu'il avait une certaine prestance et qu'il tenait ses rôles à la perfection. Et tenir tête à un monstre comme Michael Douglas, ce n'est pas si facile que ça. Mais les acteurs, tous, sont la principale raison que je donnerai pour aller voir ce film. Rien d'extraordinaire, mais tout de même, il y a cette ambiance étrange qui m'a scotchée au film alors que j'étais allée le voir sans m'attendre à aimer. Josh Brolin a également un rôle plutôt important et joue le gros méchant pas beau, qui n'est pas sans rappeler son rôle dans Milk... Il nous offre ici une prestation potable mais pas assez exploitée à mon goût. Sachant qu'il peut faire tellement mieux, j'ai été un peu déçue qu'ils lui filent un rôle un peu cliché et qui n'apporte pas grand chose. En fin de compte, les deux personnages/prestations qu'on retient le plus dans le film ce sont deux petits (très petits) rôles secondaires, interprétés par Frank Langella (sublime) et Elli Wallach (scotchant), de quoi faire pâlir les plus grands.... Et juste pour ces deux là, je ne regrette pas d'être allée voir ce film. J'ai même envie de me regarder le premier de 1987, car le personnage de Grekko n'est pas très développé dans ce film-ci, et qu'il m'intrigue vraiment....
Ce film fut donc une bonne surprise: il y a eu quelques très bons plans, d'autres improbables sur des immeubles qui ne servent à rien, des scènes complètement inutiles (courses en moto), et un peu long par moment.... L'histoire d'amour n'apporte franchement pas grand chose et est clairement juste là pour que le public "de base" ne se fasse pas trop chier avec les histoires de bourses et d'argent. Il y a un peu trop de vocabulaire économique à mon goût mais bon, il en faut pour tout le monde, et c'était sûrement impossible à éviter en faisant un film sur Wall Street...
En conclusion, Wall Street est très loin d'être le meilleur film d'Oliver Stone, mais dans l'ensemble, c'est un pari plutôt réussi. Je ne me suis pas embêtée une seule fois, même pendant leur bla bla incessant sur l'argent. Le film a de plus une très belle esthétique générale et un point de vue original sur le milieu.... mais bon, si vous voulez voir du Oliver Stone, je vous conseillerai plutôt...tout le reste !