
The Way Back aka Les chemins de la liberté est un film réalisé par Peter Weir et est sorti en 2010. Peter Weir, grand réalisateur qui a réalisé entre autres The Truman Show, Le Cercle des Poetes Disparus ou encore Master and Commander (dont je ne suis pas fan, mais il fallait le citer). Il raconte l’histoire d’une bande de prisonniers du Goulag qui s’en échappent pendant la seconde guerre mondiale. Ils se retrouvent donc à devoir survivre en Sibérie tout en étant obligés d’avancer constamment pour que le parti communiste ne les retrouve pas. Ils iront à pieds jusqu’en… Inde !! Je précise que c’est une histoire vraie et qu’il y a vraiment des mecs qui ont réussi à faire ça dans des conditions assez hallucinantes (4000 miles a pied…hum). Le film est inspiré du livre du même titre, écrit par Slawomir Rawicz. 
Je me suis intéressée à ce film pour l’acteur Jim Sturgess qui joue le personnage principal, mais aussi pour Ed Harris, pour l’histoire intriguante, et pour voir ce que Colin Farrell allait donner à l’écran avec les deux acteurs que je viens de citer. Le début du film était assez poignant, avec le personnage de Janusz (Jim Sturgess) qui se fait dénoncer comme espion par sa propre femme. Les premières scènes du Goulag par contre m’ont un peu déçue : j’ai trouvé que c’était très étrange de prendre des acteurs anglophones pour faire des Russes et qu’entendre Colin Farrell avec cet accent ce n’était pas vraiment le top. Mais bon, heureusement, le réalisateur a réussi à justifier le fait de les faire parler anglais pendant toute la suite du film : il y a un américain avec eux. Finalement, on finit par ne plus trop faire attention aux faux accents des acteurs, et on arrive à entrer dans l’histoire en acceptant de croire qu’ils sont « Russes ». Au delà du personnage de Colin Farrel en mode « rebel violent » sur lequel je n’ai pas du tout accroché, j’ai trouvé que les autres étaient intéressants, simples, et loin des clichés auxquels on aurait pu s’attendre. J’ai absolument adoré le personnage féminin, interprété par Saoirse Ronan, qui a des yeux et un jeu bluffant, tout en restant effacée…
Et puisqu’on parle des yeux, je ne sais pas pourquoi, mais c’est exactement cela que je retiendrai du film. Le réalisateur a une manière assez incroyable de filmer les visages de ses acteurs, et il a pris un casting avec deux grands yeux foncés (Colin Farrel, Jim Sturgess) et deux grands yeux très, très clairs (Saoirse et Ed Harris). Pour cela, et pour les changements de paysages assez incroyables, j’aimerai dire que The Way Back est un film de contraste. Contrastes sociaux aussi, lorsqu’on voit la violence de certains et la gentillesse des autres. Durant leur long périple, nous allons surtout suivre la petite bande dans leur recherche de nourriture et d’eau, vu que c’est la base de toute survie. On comprend alors qu’ils étaient certes débrouillards, mais qu’ils ont aussi eu une chance assez incroyable. Bien sûr, il y a des morts (ce n’est pas un spoiler, ils écrivent dès le début qu’ils ne survivent pas tous), mais c’est en général très rapide. On ne vous montre pas de scène d’agonie, pas de hurlements, rien de difficile à regarder. Et sans dire de qui je parle, j’aimerai juste rendre hommage au premier personnage que l’on voit mourir : cette scène m’a marquée, je trouve l’idée fabuleuse et très, très belle. Chapeau. Au delà de ça, tout est fait avec une délicatesse et une fausse distance que j’ai grandement apprécié. Et malgré un sujet a priori difficile, ce film m’a vraiment faite voyager. Il m’a mis de belles images en tête, une belle philosophie, et j’ai passé un moment agréable, sans retenue.
J’ai vu quelques interviews des acteurs sur le film, et visiblement le tournage était tout sauf simple, étant donné qu’ils ont vraiment tourné dans la montagne et dans le désert. Pour la petite histoire, le réalisateur s’est cassé une jambe pendant le tournage et a continué à filmer avec deux grosses infirmières Roumaines qui le portaient… Mais bon, le gros plus du film, c’est indéniablement son esthétique. Le goulag, la neige, les vieux vêtements déchirés, sans oublier l’incroyable maquillage que ce soit pour les scènes de froid intense, le chaud du désert, les blessures, tout….(nomination aux Oscars pour meilleur maquillage). On se sent vraiment avec eux du début à la fin, mais sans se sentir en danger, sans se sentir mal. (Rien à voir avec 127 Heures.) Je trouve qu’il y a un réel travail de recherche et de préparation esthétique derrière ce film et que cela se ressent énormément. Les acteurs sont tous très bons, et j’ai adoré revoirEd Harris dans un gros film. Et je dois avouer qu’il en impose vraiment. The Way Back a donc pour moi l’étoffe d’un grand film, mais je pense qu’il sera vite oublié. Déjà que je n’en ai presque pas entendu parler, il me semble avoir juste vu la bande-annonce au cinéma une fois ou deux… Mais bon, je vous le fais découvrir, je trouve qu’il en vaut la peine ! A vous de voir si ça vous intéresse…