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Teenage Caveman



Teenage Caveman est un des premiers films de mon réalisateur de cœur: Larry Clark. Réalisé en 2001, le film est véritablement un gros, gros délire. Il reprend les thèmes habituels du réalisateur: la jeunesse, la sexualité, la drogue... C'est son film le plus délirant à cause de son histoire, mais c'est également un de mes préférés.

Tout commence avec une bande de jeunes habillés comme des hommes de Cro-Magnon qui chassent dans une plaine. Mais ils ont tout de même l'air d'être modernes, ce qui est un peu troublant, jusqu'au moment où on remarque un vieux panneau déglingué avec écrit: "No skateboarding". Hé oui, le film ne se situe absolument pas dans le passé mais plutôt dans le futur. Après une raison dont on se fout complètement, le monde a été détruit. Le peu de personnes qui ont survécu ont du retourner à l'âge de pierre, loin de toute technologie. La seule chose qu'il leur reste de notre monde, ce sont des livres, et des magazines porno. Ils vivent dans un petit clan, dirigé par un type qui se prend pour un prêtre, et par un responsable de la chasse qui se fait buter dès la première minute du film. Le prêtre est en réalité un gros pervers qui se sert de la parole de Dieu pour se sauter les petites jeunes filles qu'il trouve à son goût. Un jour, il essaye de coucher avec une jeune fille sur laquelle son fils fantasme. Son fils la défend, et tue malencontreusement son père avec son crucifix. Et là, le film commence vraiment: les jeunes se tirent de la tribu et marchent dans l'espoir de reformer un nouveau clan, ailleurs. Au bout de quelques heures (ou minutes) de marche, ils se retrouvent... devant la ville de New York. Ou plutôt ce qu'il en reste. Puis survient une tempête (fin du monde, tempête nucléaire?). Lorsque les jeunes se réveillent, ils sont habillés de façon moderne, ils sont lavés, et à moitié nus, dans un immense appartement kitch de l'ancien monde. Puis, deux personnes arrivent: un homme et une femme, modernes. Ils les ont recueilli et vont prendre soin d'eux, leur apprenant les joies de la modernité, mais surtout les joies... du sexe. Mais, très vite, des choses étranges vont se produire. Leur sauveurs ne sont peut-être pas si gentils que ça en fin de compte, mais quel est leur secret?

Inutile de vous en dire plus, car le film est pour moi un délice à regarder. Que ce soit l'histoire, les personnages ou la musique, on est certes très loin d'un cinéma esthétiquement parfait ou digne des grands classiques, mais j'ai toujours trouvé l'univers de Larry Clark extrêmement fascinant. Il sait filmer la jeunesse, le sexe, et ne se pose surtout aucune limites. Ce n'est pas du jeu, ils le font vraiment. Et il n'y a rien de pornographique, car on ne voit la plupart du temps, rien que des corps nu, ou semi nu. Mais il explore (et explose) tout de même la sexualité d'une manière tellement réaliste qu'on ne peut que frissonner de plaisir. Peu importe que l'histoire soit fantastique et fantaisiste, l'intention et le fond y est: la découverte de sa sexualité, et des métaphores extraordinairement fortes sur l'évolution que l'on ressent après sa première fois. Évolution physique, psychique, spirituelle, tout cela est murmuré dans le film sans jamais en parler. On se cache derrière une histoire vraiment drôle, et c'est ce qui rend le film aussi fort.


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Teenage Caveman c'est un savant mélange de film de série B et de sexe. Le film original du même titre date de 1958... et on fait même référence aux tenues de série B de Tiffany Limos, muse de Larry Clark, qui évolue dans ce film avec une sensualité déconcertante. Tiffany, on la retrouvera plus tard dans l'excellent Ken Park. La même chose pour Stephen Jasso, qui joue un des adolescents, et qui est un jeune homme que je trouve vraiment fascinant. Ce film est un coup de cœur à bien des niveaux: pour ceux qui aiment l'œuvre de Larry Clark, c'est un film incontournable, car il pose déjà les bases de ce que sera ses films suivants. Plus encore, c'est la preuve qu'il est encore possible de faire des films drôles ET sexuels. Le film ne se veut pas profond ni philosophique, au contraire, mais il pourrait être analysé pendant des heures et des heures. Est-ce volontaire? Non, je ne pense pas.

Les personnages sont bien vus, même si je ne suis pas trop fan de l'acteur principal: Andrew Keegan, qui a un peu trop une tête de beau gosse d'Hollywood à mon goût. Mais c'est un acteur qu'on lui a imposé alors bon, je pardonne. Mais pour le reste, pas de problème, le "méchant" est insupportable mais dans le bon sens, et colle très bien au film. On voit que ce film a juste été une façon de s'amuser en amusant les autres. Je m'étonne d'ailleurs de voir à quel point ce film arrive à rester drôle tout en ayant des scènes aussi...sexe. Les dialogues sont simples, directs, souvent drôles, jamais inutiles. Les acteurs ne sont pas des acteurs pour la plupart, mais c'est aussi ce qui fait toute la force des films de Larry Clark et se sentiment si fort de voir un film réaliste, même avec une histoire complètement improbable. Les puritains pourront interpréter le film comme un message qui dirait "ne faites pas l'amour, ou vous allez vous foutre dans la merde", mais le fond du film est tout le contraire, on prend vraiment son pied à voir crever les gens. C'est d'ailleurs exactement ce que fais le personnage de Judith (Tiffany Limos), qui se masturbe en regardant une des jeunes filles exploser. J'ai lu quelque part que Teenage Caveman serait le genre de film que Roger Corman aurait pu réaliser s'il n'y avait pas eu autant de censure à son époque... Mais dans tous les cas c'est évidemment un film que je conseille, c'est du bon délire, c'est sexy, c'est tout sauf commercial, c'est drôle, c'est gore, c'est fantastique, et c'est du Larry Clark. Alors si vous ne l'avez jamais vu... let's go.

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