
Puisqu'on est partis sur les réalisateurs, je vais vous parler d'une personne que j'admire profondément et qui devrais faire des films bien plus souvent, j'ai nommé Tarsem Singh. Ce réalisateur Indien est bien plus connu pour ses clips complètement barrés, notamment un des plus beaux clips jamais réalisés à mes yeux: Losing My Religion de R.E.M.
Tarsem Singh, c'est l'esthétique de la photographie parfaite, allié avec des délires et des idées à couper le souffle. Son premier film, je l'avais vu au cinéma et j'avais été complètement sous le charme. Enfin sous le charme, disons plutôt que j'avais été agrippée à mon siège, les yeux écarquillés, du début à la fin. C'est d'ailleurs un des seuls bon films avecJennifer Lopez, et c'était l'époque ou Vince Vaughn jouait aussi dans des bons films, avant de tenter de se mettre aux comédies romantiques comme un abruti.
The Cell raconte l'histoire d'une jeune psychologue, Catherine Deane (Jennifer Lopez), spécialisée dans les enfants, notamment les autistes. Elle travaille depuis des mois avec un jeune garçon tombé dans le coma. Comment? A l'aide d'une "machine" complexe qui permets à celui qui l'utilise de rentrer dans l'esprit de l'autre. Et quand je dis rentrer, c'est VRAIMENT rentrer dans l'univers personnel. C'est à dire qu'elle se retrouver comme plongée dans les créations de l'autre, comme si l'on avait l'occasion de voyager dans les rêves de son voisin. Bien sûr, elle ne peut pas altérer grand chose, et ce n'est pas le but, mais cela lui permets de communiquer avec la personne dans le coma, dans l'espoir de l'en faire sortir. En parallèle, nous avons Peter Novak (Vince Vaughn), un agent du FBI chargé de traquer un tueur en série qui kidnappe des femmes et qui les enferme dans une salle qui se rempli d'eau jusqu'à ce qu'elles meurent. Heureusement, ils arrivent à le prendre rapidement, mais malheureusement pour lui, celui-ci est dans un état de schizophrénie tellement avancé qu'il tombe dans un coma profond. Le problème? La dernière victime n'est pas encore morte, et lui seul sait ou elle se trouve. La seule solution pour la retrouver est donc de demander à Catherine d'entrer dans ses pensées pour essayer de lui faire dire où elle se trouve. Mais l'univers du tueur est tellement étriqué, horrible et compliqué, que personne ne sait ou tout ça vas les emmener....
Voilà, ça, c'est l'histoire, et je trouve que ça en jette déjà grave. Pour ce qui est du film, il est pour moi un des plus beaux films de science fiction que j'ai jamais vu. L'esthétique est recherchée à l'extrême, et Tarsem Singh adore perdre ses personnages dans d'immenses décors tantôt en plein air, tantôt si renfermés qu'on a envie de hurler pour en sortir. Pourtant, on passe du glauque extrême à la beauté suprême, et on en ressort vraiment changé. Il est rare de voir des films aussi beaux, et quand je dis beau, je ne mâche pas mes mots. D'ailleurs, de nombreuses visions du film sont inspirées de l'art, qu'il soit moderne, contemporain ou médiéval. On pourrait sortir des livres entier sur lasymbolique de ce film tant elle est complexe, intrigante et magistralement exploitée. J'ai toujours été une grande fan de ce style de film qui prenait toutes ces petites choses qui pouvaient nous fasciner pour les transposer à l'écran de manière radicale.
Jennifer Lopez prouve que c'est une bonne actrice quand elle veut, même si elle a un peu tendance à faire la moue pour rien, le sublime du film colle parfaitement à son visage et efface ses quelques défauts de jeu. Celui qu'on retiendra le plus sera évidemment le personnage du tueur, Stargher, interprété par Vincent d'Onofrio, absolument méconnaissable. Son rôle est un des psychopathes les plus étranges et ignoble du cinéma, bien que le niveau ce soit relevé d'un cran de nos jours avec les films comme Saw. Pourtant, The Cell n'est pas un film gore, encore moins un film d'horreur. C'est avant tout un film psychologique, qui est un des rares à vraiment analyser l'esprit d'un tueur en série. Ici, pas de théorie idiotes, juste des faits, un mélange de rêve, de délires schizophrènes alliés à la matérialisation des souvenirs d'enfance du jeune tueur.
The Cell est donc un film profond, intelligent, et très esthétique. Je tire donc mon chapeau à Michael Manson, le directeur artistique d'avoir aidé à mettre en place un film aussi enrichissant pour mon imagination. Tout ça enveloppé d'une très, très, très belle musique de Howard Shore, habitué de ce genre de film puisqu'il est également responsable des musiques (entre autre) de Seven, La mouche, Ed Wood, Existenz, The Game, Le silence des agneaux, Videodrome... Ce qui est d'ailleurs assez étrange puisque The Cell est vraiment un mélange de tous ces films là...
Bref, c'est du très bon film, et je trouve ça dingue qu'il n'ait jamais eu de prix. Des films comme ça, on en a pas assez: on a beaucoup de gros films de SF avec pas grand chose derrière. Alors qu'ici, on a absolument tous les éléments pour que ce soit parfait... Alors pourquoi est-ce que ce film n'a pas marché? Peut-être parce que quand la plupart des gens voient écrit "Jennifer Lopez" ils se disent que ça va être une daube... mais c'est dommage, vraiment dommage !