
My name is Harvey Milk and i’m here to recruit you.
L’histoire est simple, Harvey Milk est un homme qui réalise qu’a bientôt 40 ans il n’a jamais rien fait de sa vie dont il puisse être fier. De plus, il est homosexuel, et à l’époque, être un homosexuel est considéré comme quelque chose d’affreux, et surtout, d’illégal. Il décide donc de faire quelque chose pour changer les droits des gays, en commençant par son quartier et sa ville, San Francisco. Il se lance donc dans la politique… On découvre à travers le film la véritable chasse aux sorcières anti-gays qui a eu lieu il n’y a pas si longtemps que ça. Le film est mélangé avec des images de l’époque, qui rend les faits plus frappants et choquants encore.
Quand Gus Van Sant fait des films avec des dialogues, j’adore. Je veux dire, quand il fait des films en suivant un schéma narratif de base, et qu’il évite de faire des plans de 5 minutes sur le ciel ou sur une pièce comme dans Gerry. J’adore Gus Van Sant, 50% du temps. Et là, dieu merci, j’ai bien aimé. Il faut dire que c’est une formidable adaptation d’un bout de vie. Les acteurs sont parfaits, la manière de filmer aussi. Ce film est un bon exemple du géni de Gus Van Sant. Mais je ne vais pas faire son éloge car il a fait trop de films qui m’ont pompée l’air pour ça.
Il a pourtant réussit le tour de force de faire un film fort tout en portant son message correctement. Il ne tombe pas dans le piège d’en faire un film propagande, malgré le fait que ce soit clairement un sujet qui le touche personnellement. Durant tout le film, j’ai senti que la salle était dans une sorte de communion, de respect hallucinant pour le film (Peut-être à cause du fait que la moitié de la salle était des gays mais je ne pense pas). La tension était palpable, tout le monde vivait le film et ça, c’est très, très rare. J’ai rarement eu l’impression de partager des sensations et des sentiments pour un film en même temps qu’une salle entière. Pour ça, bravo Gus.
We can have a revolution here
Sean Penn est phénoménal et il mérite carrément son oscar. Son corps est littéralement transformé, il devient Harvey Milk et réussit à nous faire oublier tous ses anciens rôles. Ce n’est peut-être pas frappant pendant le film, mais tout devient clair au générique. Car, au générique, on a droit à de véritables vidéos des véritables personnes qui ont inspiré l’histoire. Et là on comprend à quel point Sean Penn a fait un travail énorme sur lui-même et sur Harvey.
James Franco lui aussi apporte une dimension magnifique au film. Outre le fait qu’il possède un charisme à renverser toute une salle de cinéma (bordel de merde les photos de lui, je les veux), il
Josh Brolin a retenir aussi, je suis fière de ce grand mec qui a enfin une carrière qui décolle depuis quelques années. A se demander ce qu’il a glandé pendant tout ce temps, entre Les Goonies et Hollow Man, qu’est ce qui s’est passé ? M’enfin, je suis ravie de le voir de plus en plus sur les écrans, et mieux, de le voir dans des bon films, et mieux, de le voir nominé aux Oscars !! Il maîtrise, il est juste, il est bon, très bon.
Emile Hirsh également, qu’on ne présente plus depuis Into The Wild. Lui aussi il aspire toute l’attention dès qu’il est dans une scène, comme James Franco. Trognon au possible dans le film comme le répète le personnage de Harvey Milk « you’re so cute ».
Bref, l’émotion est au rendez-vous, en plus de la documentation. On apprend beaucoup de choses, on s’émeut, on rit, on pleure. Tout est mélangé pour un merveilleux film sans prétention et pourtant énorme de sens et de technique. Les plans de fins, l’assassinat de Harvey Milk (non ce n’est pas un spoiler ils le disent dès le début du film), sont hallucinants et très très bien trouvés. Une grande leçon de cinéma.