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Dark Harbor



It's funny, your worst nightmare always seems so far away. Then all of a sudden, there it is, like a monstrous tidal wave. You try to escape but you can't. You just struggle, struggle, struggle, your desperate cries unheard. Then something strange happens. You stop struggling, your cries take flight. You forget you're drowning.

Dark Harbor est un film réalisé par Alan Coleman Howard, et c’est son deuxième et dernier film pour le moment. Il est essentiellement scénariste et acteur. Mais il devrait faire des films plus souvent, parce que personnellement, j’adore. Ce film m’a transportée dans un moment à part et ça devient très rare que j’arrive à me mettre autant dans une histoire. Ce n’est pas un film que je conseillerai à tout le monde, mais surtout à tous ceux qui aiment le cinéma indépendant, le théâtre, les belles phrases… ou ne serait-ce que toute personne qui aime Alan Rickman et/ou Norman Reedus. Il y a des scènes mythiques (une surtout).

Le film date de 1998 et raconte l’histoire d’un couple David (Alan Rickman) et Alexis (Polly Walker) qui trouvent un jeune homme (Norman Reedus) sur le bord de la route. Ils l’aident une première fois, et il s’en va. Mais ils ne tardent pas à le retrouver, encore une fois dans le besoin. Ils décident donc, un peu malgré eux, de s’occuper de lui et de l’aider quelques jours. Une tension se crée entre la femme et le jeune homme, mais on la ressent aussi du côté de David. L’histoire est assez complexe a expliquer, mais pas complexe à regarder, c’est essentiellement la rencontre et les quelques jours qu’ils vont passer ensemble. C'est un remake d'un film de Roman Polanski: Knife in the Water. Mais pas tant que ça, les lieux changent, l'histoire change pas mal aussi, les dialogues aussi, et surtout les acteurs, qui font toute la différence. (Puis au moins celui là il en ANGLAIS).



A mes yeux, la force de Dark Harbor réside dans son scénario, et principalement dans les dialogues. En effet, les dialogues sont la seule chose qui nous fait sentir que quelque chose cloche. Mais on ne sait pas quoi, et il faudra attendre la fin du film pour comprendre. C’est très subtil, très caché, mais surtout, superbement interprété par les trois acteurs. Alan Rickman est sans conteste un très bon acteur, et il était déjà bien avant les Harry Potter (non mais !). Il joue un homme fatigué par son mariage et par la vie, qui semble s’être retenu toute sa vie d’être qui il rêvait de devenir. « Who wouldn't feel sorry for me, seven years stuck in a coffin with you. Shut them out, shut shut shut, shut all the doors until she's dragged us all into her coffin. » Polly Walker, actrice que je connaissais pas, a ce physique de beauté fatale des films des années 90 : grande, blonde, elle est fascinante à sa façon et joue aussi tout en retenue : tout est dans les plans, et dans son regard. C’est pour moi le personnage le plus énigmatique du film, alors que c’est un des personnages dont on sait le plus. Mais elle contribue à nous donner l’impression que l’histoire est comme un rêve, comme quelque chose de mystifiant et d’intense, sans que l’on ne comprenne trop pourquoi. Quant à Norman Reedus, l’acteur qui joue le jeune homme, il donne un charisme naturel au personnage, en plus d’un superbe jeu d’acteur (et en plus d’être super graou mode fan on). Il arrive a rendre intriguantes, sensuelles et belles des scènes qui auraient pu être ridicules (ex : scène dans la forêt avec le champignon). Certaines scènes auraient donc pu être kitsch à souhait, mais c’est assez bien fait en fin de compte, alors ça ne m’a pas dérangée, du tout. Si je dis que c’est un film sensuel, c’est essentiellement pour la tension que l’on peut sentir dans les dialogues. Et lorsqu’un beau texte est dit par Norman Reedus ou par Alan Rickman, deux acteurs avec une voix qu’on pourrait écouter pendant des heures, moi je dis, très joli casting. Polly Walker aussi évidemment, pour ces messieurs, je pense que vous pouvez apprécier.


I had the grave misfortune of being struck down by the most deadly pair of blue eyes God ever had the audacity to create.

Mais au delà de ça, l’histoire est elle aussi assez bien fichue. Je n’ai pas tout compris la première fois, mais après avoir regardé le film original de Roman Polanski et revu le film quelques fois, c’est bon. Pourtant, dès le premier visionnage, j’ai été attiré par cet univers. C’est un joli trio d’acteur qui nous présente une histoire simple, comme il pourrait y en avoir d’autre. Ce n’est pas vraiment une histoire d’amour, ou du moins pas celles que l’on croit. Disons qu’on a l’impression de voir un couple a trois qui ne se le dirait jamais, et qui ne consommerait pas. Un peu un « Henry & June » sans la sexualité. Le film se déroule sur quelques jours seulement, le rythme filmé est donc assez lent, mais les scènes elles, s’enchaînent rapidement. On pourrait parler d’un film qui nous montre les temps de pause, les hésitations, les dialogues nerveux ou polis du quotidien … trois personnes qui se découvrent, et se redécouvrent au passage. J’ai sincèrement préféré cette version à celle de Polanski : ce serait plutôt une interprétation personelle, avec un scénario ré-écrit et des dialogues originaux. C’est sincèrement un des plus beaux script que j’ai lu… L’art de mélanger dialogue quotidien et phrases qui pourraient faire des citations, ou se lire dans un roman.Les acteurs sont bien plus charismatiques que dans la version de Polanski, et gardent pourtant un air ‘normal’ : ils n’ont pas des têtes de stars Hollywoodiennes. A part la demoiselle. Dans l’original, tout se passe sur un bateau. Ici, tout se passe essentiellement dans la maison du couple, avec quelques scènes de bateau au début. Du coup, on retrouve cette impression de Huis-Clos : ils doivent prendre le bateau pour partir de l’île sur laquelle leur maison se trouve. Il y a aussi une impression de danger, mais aucune violence : encore une fois, tout est dans les mots et leur nuances. Au passage, c’est un film à voir en V.O, je n’ose pas imaginer le résultat en Français…

Voilà, j'espère en avoir convaincu quelques uns, je sais que ce genre de film n'est pas le style de tout le monde, mais pour ma part, j'ai ressenti ce que j'avais senti dans des films comme: The Dreamers de Bertolucci, Henry and June de Philip Kaufman, puis plein d'autres jolis films. C'est très simple, mais très beau. Je dois avouer que c'est un peu frustrant aussi, j'aurai voulu en voir plus...Graou.

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